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mercredi 30 mai 2018

Dissolution


L'amour est la grande affaire de notre vie. Ce que l'Éros ouvre à l'être, c'est la dissolution de l'ego dans quelque chose qui le dépasse.

Christiane Singer

mardi 15 mai 2018

Être en Vie


L'Amour, quand il surgira dans votre vie, sera comme un tremblement de terre qui ébranle les fondements de votre être, comme un tsunami qui emporte tout. Rien ne restera debout de ce que à quoi vous croyez, ce à quoi vous vous accrochez, ce qui fait votre identité. Cela est inévitable parce que l'Amour, s'il est dans ce monde, n'est pas de ce monde. Il revêt un visage pour nous approcher, mais en Réalité, il est dans tous les sourires qui éclairent cet univers, dans tous les yeux qui brûlent de la flamme essentielle. Il nous prend par la main pour nous reconduire à notre demeure éternelle, à Celle / Celui que nous n'avons jamais cessé d'être, mais cela implique de nous arracher à notre sommeil. Il nous fait rêver, mais c'est pour mieux nous inviter à traverser le rêve qui le recouvre comme un voile l'adorable Danseuse. Alors, le voile étant tombé, la Radieuse se révélant dans sa sublime nudité, nous saurons enfin ce que signifie : être en Vie !...

dimanche 13 mai 2018

Trois papillons


Les hommes sont comme les trois papillons devant la flamme d’une bougie
Le premier s’en approche et dit:
"Moi je connais l’amour"
Le second vient effleurer la flamme de ses ailes et dit:
"Moi je connais la brûlure de l’amour"
Le troisième se jette au Cœur de la flamme et se consume
Lui seul connait le véritable amour.

Rûmi

samedi 28 avril 2018

Amour définitif

Il est dans la nature de tout amour définitif, tôt ou tard, de ne pouvoir atteindre l'aimée que dans l'infini.

Rainer Maria Rilke

mardi 6 février 2018

Spectacle de l'amour


La matière déforme l'espace-temps de l'Univers, le courbe, le dilate ou le contracte. En retour, l'espace-temps la fait doucement glisser dans ses propres trames. Nulle frayeur dans ces gestes cosmiques, nul doute, nulle arrière-pensée. Pas non plus de bousculade. Juste le superbe spectacle de l'amour.

Étienne Klein

samedi 3 février 2018

dimanche 3 décembre 2017

Profondeurs abyssales de l’amour


Celui qui a parcouru les profondeurs abyssales de l’amour,
Tour à tour dévoré par la soif
Ou s’abreuvant à la source,
Traverse sans dommage l’aridité
Ou les riches floraisons.
L’écoulement des saisons
Ne le touche point.
Au fond du gouffre de l’absence
Comme sur les cimes de l’union,
Son cœur reste serein
Et tel qu’en lui-même.

Hadewijch d’Anvers

jeudi 23 novembre 2017

Vie à l'état pur


Pour avoir connu cette plénitude, je sais que l’amour n’a rien à voir avec la sentimentalité qui traîne dans les chansons et qu’il n’est pas non plus du côté de la sexualité dont le monde fait sa marchandise première –celle qui permet de vendre toutes les autres. L’amour est le miracle d’être un jour entendu jusque dans nos silences, et d’entendre en retour avec la même délicatesse : la vie à l’état pur, aussi fine que l’air qui soutient les ailes des libellules et se réjouit de leur danse !

Christian Bobin

mercredi 15 novembre 2017

Rencontrer l'autre

Percer jusqu'à l’être : qu'est-ce d'autre qu'aimer ? Un court instant traverser toutes les épaisseurs, toutes les cuirasses, tous les enfermements... et rencontrer l'autre. Là jaillit l'étincelle.
Christiane Singer
Propos recueillis par Patrice van Eersel "L’enfantement, l’éros et la vieillesse "

samedi 28 octobre 2017

Bien voir

Pour bien voir une chose, il vous faut toucher à son contraire. Par l'ombre, vous allez à la lumière. Par l'indifférence, vous atteignez à l'amour.

Christian Bobin

lundi 25 septembre 2017

Démesure d'amour

Celui que l'Amour conduit à son achèvement
Doit parcourir de vastes étendues,
D'âpres sommets et des gouffres ;
Au plus fort des orages il cherchera son chemin
Afin d'être initié à son mystère:
Qu'il faut consentir au désert sans limites,
Cheminer sans repos par des plaines arides
Et se meurtrir aux arêtes
Des versants et des cimes;
Ou encore braver les torrents
Des abîmes sans fond
Afin de conquérir l'Amour
Par démesure d'amour.

Hadewijch d'Anvers

samedi 23 septembre 2017

Signes sur le sable


Un homme qui passait un jour dans le désert,
Vit Majnun assis là, tout seul en son désert.
Utilisant son doigt tel un qalam,
Il traçait des signes sur le sable.
« Ô toi, le fou d’amour, mais que fais-tu donc là ?
Ces mots que tu écris ? A qui les destines-tu ?
Sais-tu que tout cela que tu peines à écrire
La tempête et le vent vont bientôt les détruire ?
Vit-on jamais des mots perdurer sur le sable ? »
Majnun répondit : « Je décris la beauté de Leyli
Pour consoler mon cœur de sa beauté épris
J’écris d’abord son nom, parce qu’elle est une absence
Je compose une lettre d’amour et de constance.
Je n’ai rien d’elle si ce n’est son nom,
Et ce nom m’a fait être
A celle qui a Leyli pour nom, comme je n’ai pu goûter
Je fais l’amour avec son nom.
 »


Jâmî 

mardi 19 septembre 2017

Essence de la vertu


Sans amour, vous aurez beau faire — courir après tous les dieux de la terre, prendre part à toutes les activités sociales, tenter de remédier à la pauvreté, entrer en politique, écrire des livres, écrire des poèmes — vous ne serez qu'un être mort. Sans amour, vos problèmes iront croissant et se multipliant à l'infini. Mais avec l'amour, quoi que vous fassiez, il n'y a plus de risque, il n'y a plus de conflit. L'amour, alors, est l'essence de la vertu.

Krishnamurti

jeudi 7 septembre 2017

Liberté de l'amour

C'est par l'amour qu'on demande, qu'on cherche, qu'on connaît. 

Aime donc et fais ce que tu veux.

Saint-Augustin

vendredi 1 septembre 2017

Serment d'amour

Aimer, c'est faire en secret ce serment : Je m'engage de toutes mes forces à défendre ta liberté, à ménager autour de toi l'espace qui te sera nécessaire pour croître et fleurir ! Et même si je dois être surpris par l'évolution de l'autre, même s'il ne devient pas celui que j'attendais qu'il soit un jour, je m'engage à respecter son devenir ! C'est le défi que je relève. Que ta volonté soit faite et non la mienne ! Osons nous laisser surprendre ! N'emprisonnons pas nos proches - ni nos enfants ! - dans la représentation que nous avons d'eux. Cassons les moules dans lesquels nous nous enfermons les uns les autres. Offrons-nous la confiance même de nous laisser errer, commettre des erreurs...
Que savons-nous du secret de nos destinées ? En devenant garant de la liberté de celui que j'aime, je lui épargne même de devoir fuir ! Rester ensemble n'est pas, comme au cimetière, une "concession perpétuelle" - c'est une offrande à renouveler chaque jour.
Christiane Singer

jeudi 17 août 2017

Respirer l'amour


Ce n'est pas moi qui contient mon amour, c'est mon amour qui me contient. Je n'ai même pas à veiller sur lui car il appartient au monde des choses divines qui ne redoutent rien des remous de l'existence. C'est sur moi que je dois veiller pour m'emplir le plus possible de ce mystère qui m'enveloppe. L'amour ne peut me manquer mais je peux manquer à l'amour. Mon âme est à l'amour ce que les poumons sont à l'air : l'air est inépuisable et ne se refuse jamais le premier, seuls les poumons peuvent défaillir et cesser de respirer.

Gustave Thibon

lundi 14 août 2017

Obstacles

Ta tâche n’est pas de chercher l’amour, mais simplement de chercher et trouver tous les obstacles que tu as construits contre l’amour.

Rûmi

dimanche 13 août 2017

Enracinement dans l'amour


Vous pouvez avoir de l'argent, une maison, un compte en banque. Ce ne sont que de pauvres substituts de l'amour. Tout comme les arbres s'enracinent dans la terre, les êtres humains s'enracinent dans l'amour. Nos racines sont invisibles, tout ce qui est visible n'est donc d'aucune aide. Mais nous sommes des arbres avec des racines invisibles. Il faudra trouver de la terre invisible - appelez-la amour, appelez-la dévotion, - ce sera quelque chose comme ça, quelque chose d'invisible, d'intangible, de mystérieux. Vous ne pourrez pas le saisir. Au contraire, vous devrez lui permettre de prendre possession de vous.

Osho

mardi 8 août 2017

Tout perdre


Bien peu de gens savent aimer, parce que bien peu savent tout perdre.

Christian Bobin

lundi 31 juillet 2017

Sécurité de la nature ultime


(…) vous demandez : « pourquoi ma vie n’a pas de sens ? »

Le sens vient de l’inconnu, de l’étranger, de l’imprévisible qui frappe tout à coup à votre porte – une fleur qui s’épanouit soudain et que vous n’attendiez pas; un ami qui arrive soudain dans la rue et que vous n’attendiez pas; un amour qui s’épanouit soudain et dont vous ne vous doutiez même pas qu’il allait arriver, vous ne l’aviez même pas imaginé, même pas rêvé. Alors, la vie a un sens, la vie a une danse. Alors, chaque pas est heureux, parce qu’il n’est pas accompli par devoir, c’est un pas qui s’engage dans l’inconnu. La rivière va vers l’océan.

L’insécurité est la nature du Tao. Ne créez pas de sécurité – sinon vous vous coupez de la nature, du Tao. Et plus vous êtes en sécurité, plus vous en êtes éloignés. Allez dans l’inconnu et laissez l’inconnu suivre son cours. Ne le forcez pas, ne poussez pas la rivière, laissez-la couler, et ne promettez jamais un jardin de roses à qui que ce soit.

Et quand vous aimez, soyez authentiques et vrais. Dites seulement : « En ce moment, je ressens ceci, quand le moment suivant arrivera, je te le dirai »… comme si ce moment était toute la vie. Et je vous le dis, si vous êtes aimants en ce moment, le moment suivant vous le serez encore davantage, car le moment suivant naît de ce moment-ci. Si vous avez aimé totalement en ce moment-ci, vous aimerez encore plus le moment suivant. Cela semble absurde – comment la totalité peut-elle être encore plus grande ? Mais cela arrive.

La vie est absurde. Si vous avez aimé totalement, authentiquement, sincèrement et fleuri en ce moment, pourquoi craindre le moment suivant ? Vous vous épanouirez. Même si cette fleur se fane, une autre suivra. La vie n’arrête pas de s’épanouir, dans cette fleur-ci, dans cette fleur-là, parfois sur un arbre, parfois sur un autre. Mais la vie continue, les fleurs se fanent. Cela signifie que la forme se fane, mais le sans-forme continue de se mouvoir. Alors, pourquoi s’en faire ? Mais vous vous en faîtes parce que vous passez à côté de ce moment-ci, c’est la raison pour laquelle vous avez peur du moment suivant. En ce moment-ci, vous n’avez pas vécu; c’est la raison pour laquelle vous avez peur de l’inconnu. Vous créez de la sécurité pour pouvoir vivre le moment suivant. Et c’est un cercle vicieux, car vous serez là avec vos vieilles habitudes, vos modes de fonctionnement, votre vieille routine. Vous tuez ce moment et vous tuez également le suivant.

Vivez dans le présent, soyez totalement dedans, ainsi tout ce qui surgira de cette totalité sera une bénédiction. Même si la fleur fane, ce sera magnifique. Avez-vous vraiment observé une fleur en train de se faner ? C’est magnifique. Cela recèle une tristesse, mais qui a dit que la tristesse n’était pas belle ? Qui vous a dit que seul le rire était beau ? Je vous dis que le rire est creux s’il ne contient pas de tristesse. Et la tristesse est morte si elle ne contient pas un sourire. Ce ne sont pas des opposés, ils s’enrichissent l’un l’autre.

Quand vous riez avec une profonde tristesse, le rire a une profondeur. Et quand  votre tristesse sourit, elle recèle une extase. Et la vie ne se divise pas en compartiments; la vie s’oppose à tout compartimentage. La vie est un débordement – elle ne connait pas de différence entre naissance et mort; elle ne connait pas de différence entre s’épanouir et se faner; elle ne connait pas de différence entre le lever et le coucher du soleil. Elle se meut entre ces deux pôles. Ce sont deux rives et la rivière coule continuellement entre elles. 
Ne vous souciez pas du futur. Vivez ce moment si totalement que le moment suivant en sortira doré. Il prendra soin de lui-même. C’est ce que dit Jésus – ne pensez pas au lendemain, demain prendra soin de lui-même. Vous n’avez aucun besoin de vous en soucier.

La vie est insécurité et si vous pouvez vivre dans l’insécurité, c’est la seule sécurité possible. L’homme qui peut vivre dans l’insécurité est heureux, parce qu’il est le seul qui soit en sécurité, en sécurité dans les bras de la vie elle-même. Sa sécurité n’est pas créée par l’homme; sa sécurité est celle du Tao, de la nature ultime.

Osho, Au fil du Tao.