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vendredi 2 août 2019

Paradoxe singulier


A l’un des pôles de mon existence, je ne fais qu’un avec les cailloux et les branches des arbres. Là je dois me soumettre au joug de la loi universelle. C’est là, au fond, que se trouve la base même de la vie. Et sa force vient de ce qu’elle est étroitement enserrée dans l’ensemble du monde, de ce qu’elle est en pleine communauté avec toutes choses. Mais à l’autre pôle de mon existence, je suis distinct de tout le reste. Là j’ai rompu les barrières de l’égalité et je me trouve seul, en tant qu’individu. J’y suis absolument unique, je suis moi, je suis incomparable. Toute la masse de l’univers ne pourrait pas écraser cette individualité qui est mienne.

Rabindranath Tagore

vendredi 22 décembre 2017

Nuages de couleur

Clouds come floating into my life, no longer to carry rain or usher storm, but to add color to my sunset sky

Rabindranath Tagore


Les nuages viennent flottant dans ma vie, non plus pour apporter la pluie ou annoncer la tempête, mais pour ajouter de la couleur à mon ciel au coucher du soleil.

Ma traduction.

mercredi 16 novembre 2016

Danser jusqu'au bout de l'amour


The same stream of life that runs
through my veins night and day runs
through the world and dances in rhythmic measures.

It is the same life that shoots in joy
through the dust of the earth in numberless blades of grass and
breaks into tumultuous waves of leaves and flowers.


It is the same life that is rocked in the ocean-cradle
of birth and of death, in ebb and in flow.


I feel my limbs are made glorious by the touch of this world
of life. And my pride is from the life-throb of ages
dancing in my blood this moment.


Rabindranath Tagore, Gitanjali, LXIX

Le même flot de vie qui coure
dans mes veines nuit et jour coure
au travers du monde et danse en rythme.
C’est la même vie qui crie de joie
dans la poussière de la terre, dans d’innombrables brins d’herbe et
éclate dans de tumultueuses vagues de feuilles et de fleurs.

C’est la même vie qui est bercée dans le berceau-océan
de la naissance et de la mort, les hauts et les bas.

Je sens que mes membres sont rendus glorieux par le toucher de ce monde
de vie. Et ma fierté vient de la pulsation de vie des âges
dansant ce moment dans mon sang.


Ma traduction


Dance to me to the end of love (Leonard Cohen) : https://www.youtube.com/watch?v=IEVow6kr5nI 

lundi 8 décembre 2014

Lever l'ancre

Photo Danielle Bouchard.
 Au petit matin un bruissement a dit que nous allions nous embarquer, toi seulement et moi, et qu'aucune âme au monde ne saurait rien de notre pèlerinage sans fin ni but.
Sur cet océan sans rivages, à ton muet sourire attentif, mes chants s'enfleraient en mélodies, libres comme les vagues, libres de l'entrave des paroles.
N'est-il pas temps encore ? Que reste-t-il à faire ici ? Vois, le soir est descendu sur la plage et dans la défaillante lumière l'oiseau de mer revole vers son nid.
N'est-il pas temps de lever enfin l'ancre ? Que notre barque avec la dernière lueur du couchant s'évanouisse enfin dans la nuit.
Rabindranath Tagore, Offrande lyrique

dimanche 7 décembre 2014

Vestige odorant


Je ne sais de quel temps reculé, à ma rencontre tu viens à jamais plus proche. Ton soleil et tes étoiles, jamais, ne pourront te tenir caché de moi pour toujours.

Maint soir et maint matin le bruit de tes pas s'est fait entendre; ton messager est venu dans mon cœur et m'a secrètement appelé.

Je ne sais pourquoi ma vie est aujourd'hui éperdue, et une frémissante joie circule au travers de mon cœur.

C'est comme si le temps était venu pour moi d'en finir avec mon travail, et je sens faiblement dans l'air un vestige odorant de ton exquise présence.

Rabindranath Tagore, l'Offrande lyrique

mercredi 10 septembre 2014

Quand te réveilleras-tu ?

Ami, réveille-toi, ne dors plus ! La nuit est finie, voudrais-tu aussi perdre ta journée ? Tu as dormi pendant d'innombrables âges; ne te réveilleras-tu pas ce matin ?

Rabindranath Tagore

dimanche 7 septembre 2014

Palpitations stellaires

Je sens que toutes les étoiles palpitent en moi.
Le monde jaillit dans ma vie comme une eau courante.
Les fleurs s'épanouiront dans mon être.
Tout le printemps des paysages et des rivières monte comme un encens dans mon coeur, et le souffle de toutes choses chante en mes pensées comme une flûte.

Rabindranath Tagore