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dimanche 2 juillet 2017

Ô Capitaine ! Mon Capitaine !

Robin Williams, dans "le cercle des poètes disparus", inoubliable capitaine !

Ô Capitaine ! Mon Capitaine ! Notre effroyable voyage est terminé
Le vaisseau a franchi tous les caps, la récompense recherchée est gagnée
Le port est proche, j'entends les cloches, la foule qui exulte,
Pendant que les yeux suivent la quille franche, le vaisseau lugubre et audacieux.

Mais ô cœur ! cœur ! cœur !
Ô les gouttes rouges qui saignent
Sur le pont où gît mon Capitaine,
Étendu, froid et sans vie.

Ô Capitaine ! Mon Capitaine ! Lève-toi pour écouter les cloches.
Lève-toi: pour toi le drapeau est hissé, pour toi le clairon trille,
Pour toi les bouquets et guirlandes enrubannées, pour toi les rives noires de monde,
Elle appelle vers toi, la masse ondulante, leurs visages passionnés se tournent:

Ici, Capitaine ! Cher père !
Ce bras passé sous ta tête,
C'est un rêve que sur le pont
Tu es étendu, froid et sans vie.

Mon Capitaine ne répond pas, ses lèvres sont livides et immobiles;
Mon père ne sent pas mon bras, il n'a plus pouls ni volonté.
Le navire est ancré sain et sauf, son périple clos et conclu.
De l'effrayante traversée le navire rentre victorieux avec son trophée.

Ô rives, exultez, et sonnez, ô cloches !
Mais moi d'un pas lugubre,
J'arpente le pont où gît mon capitaine,
Étendu, froid et sans vie. 

Walt Whitman, en hommage à Lincoln, assassiné.

mardi 27 juin 2017

Miracle absolu


Je crois qu’une feuille d’herbe n’est en rien inférieure au labeur des étoiles,
Et que la fourmi est également parfaite, et un grain de sable, et l’œuf du roitelet,
Et que la rainette est un chef d’œuvre digne du plus haut des cieux,
Et que la ronce grimpante pourrait orner les salons du ciel,
Et que la plus infime jointure de ma main l’emporte sur toute mécanique,
Et que la vache qui broute tête baissée surpasse n’importe quelle statue
Et qu’une souris est un miracle capable de confondre des milliards d’incroyants.

Walt Whitman

lundi 6 mars 2017

Contradiction

Est-ce que je me contredis moi-même ?
Bon d'accord, je me contredis moi-même,
(Je suis vaste, je contiens des multitudes).

Walt Whitman

vendredi 21 août 2015

Laisser tout libre

Je vous adjure de laisser tout libre, comme j'ai laissé tout libre. Qui que vous soyez qui me tenez la main, lâchez-moi et allez votre chemin.
Walt Whitman

mardi 30 juin 2015

La pensée la plus apaisante


Savoir que lancée sur sa course, quelles que soient les spéculations des hommes,
Dans le changement permanent des écoles, théologies, philosophies,
Au milieu des querelles de représentations anciennes et nouvelles,
La planète terre aux lois vitales silencieuses, faits et modes, continue sa ronde.

Walt Whitman

jeudi 18 juin 2015

Après que la fulgurance du jour


Après que la fulgurance du jour a fui,
La nuit seule, l'obscure nuit révèle les étoiles à mes yeux ;
Après le tonnerre de l'orgue majestueux, du chœur, de l'orchestre parfait,
Silencieuse à travers mon âme chemine la symphonie véritable

Walt Whitman

vendredi 17 avril 2015

Les herbes folles


Doucement, autour de moi,
La paix, la joie et le savoir s'élèvent
Et me transmettent tout l'art
Et toute l'argumentation de la terre,
Et je sais que la main de Dieu
Est la sœur aînée de la mienne,
Et je sais que l'esprit de Dieu,
Est le frère du mien,
Et que tous les hommes, de toutes les époques
Sont aussi mes frères...
Et l'amour mes sœurs, mes amantes,
Et que l'amour est la nef de la création;
Et les feuilles mortes
Qui s'étiolent dans les près
N'ont pas de limites.
Comme les fourmis brunes
Dans les petits interstices
Qui les séparent,
Et les croûtes de mousse sur la clôture,
Et les pierres amassées,
Et les sureaux, les aromates,
Et les herbes folles.
Walt Whitman

lundi 29 septembre 2014

Rien n'est comme avant

Il est impossible que je sois éveillé car rien n'est comme avant. Ou alors, c'est la première fois que je m'éveille, et tout ce que j'ai connu avant n'était que sommeil.
Walt Whitman

mardi 12 août 2014

Aveu sans détour

Je l'avoue, camarade, je t'ai encouragé sur le chemin et t'y encourage toujours, sans savoir le moins du monde si nous allons gagner ou serons, finalement, totalement vaincus et défaits.

Walt Whitman