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samedi 12 octobre 2019
Absolue liberté
Quand je ne pense pas et que je parle
Quand j’ignore ce que je dis
Saisie par une fureur souterraine
Un flot de connivence
Un fragment d’existence
Je deviens navigateur d’îles lointaines
Ciel, tonnerre, terre
Je plonge animal
en tête-à-tête avec le rire et la démesure
La sorcière frissonnante implose
Les gens ignorent à quel point
ces mondes m’appellent
Ces royaumes impalpables
Ces silences entre les lignes
Ces berges inconnues
Ces aubes qui bourdonnent de vivre
Ces ardentes secondes inventées
Ces clins d’œil, ces pas de danse
Cet instantané
Avec une grâce prodigieuse
Je cuisine la raison
Les profondeurs se démènent
L’absolue liberté offre sa présence accessible, disponible
Je tremble, je frissonne
Je danse avec ce qui monte
les pieds enracinés au feu souterrain
Cette ivresse millénaire
Ce chien endormi sous la mer
Cette frontière du Nous
de l’instant présent
Nita
mardi 2 janvier 2018
Danse avec ce qui dort
Je danse avec ce qui dort, avec ce qui tremble
Je danse avec ce qui gronde
Les pieds branchés au plexus solaire
Je m’enracine aux sources telluriques
Et puise dans le feu fossile
le souffle initiatique
des clairvoyances millénaires
Les secondes sont pleines
Le temps relâche ses étrennes
En cercle autour de mes jupes
des enfants se collent à mes flancs
mes flancs de rivière sauvage
Une sensation d’infini brûle mes hanches
Mes bras s’élancent
Mon ventre tressaille
La terre se souvient
du soleil levant
Au Sud de l’horizon
Une naissance
dans la non résistance
Une aube bascule dans la transcendance
Je danse avec ce qui dort
Avec ce qui tremble
Avec ce qui gronde
en osmose avec la beauté divine
Je chevauche le vent
J’exorcise le secret des origines
En équilibre, en connivences
avec mes sœurs et frères d’existence
Je m’abandonne à l’ardente douceur
de la nuit qui flambe
Au matin, le chien endormi sous la mer
ramasse ce qui reste de moi
Nita
Je danse avec ce qui gronde
Les pieds branchés au plexus solaire
Je m’enracine aux sources telluriques
Et puise dans le feu fossile
le souffle initiatique
des clairvoyances millénaires
Les secondes sont pleines
Le temps relâche ses étrennes
En cercle autour de mes jupes
des enfants se collent à mes flancs
mes flancs de rivière sauvage
Une sensation d’infini brûle mes hanches
Mes bras s’élancent
Mon ventre tressaille
La terre se souvient
du soleil levant
Au Sud de l’horizon
Une naissance
dans la non résistance
Une aube bascule dans la transcendance
Je danse avec ce qui dort
Avec ce qui tremble
Avec ce qui gronde
en osmose avec la beauté divine
Je chevauche le vent
J’exorcise le secret des origines
En équilibre, en connivences
avec mes sœurs et frères d’existence
Je m’abandonne à l’ardente douceur
de la nuit qui flambe
Au matin, le chien endormi sous la mer
ramasse ce qui reste de moi
Nita
dimanche 12 juin 2016
Ouvrir la nuit
Si j’ouvrais la nuit qui se cache dans les étoiles,
la nuit que la ville efface.
Si j’ouvrais la vaste nuit avec ses lunes et ses rencontres, je marcherais
éperdue, vers une vérité première.
Je croiserais des yeux qui scrutent le même silence, qui cherchent la même
lumière.
Je mouillerais mon âme à celle des noctambules
Ces gens qui passent le meilleur de leur temps dehors.
Les étoiles jetteraient des étincelles dans nos yeux
La musique nous monterait au ventre
aiguiserait nos hanches
Envoûterait nos pieds
J’embrasserais les branches
Je danserais avec les dieux.
J’ai connu des nuits vraiment magiques,
des nuits de musique où nous baignions sans mots dire, dans la grande
piscine de l’univers
avec des chansons à perte de vue,
qui faisaient fuir l’horizon de nos solitudes.
L’ego avait pris le bord, et nos pensées se reposaient enfin.
Nous étions soudés autour des musiciens qui chantaient la gaité savoureuse
du monde,
et nous entraînaient sur les cordes vibrantes de leur guitare vagabonde.
Oh la nuit m’appelle et je l’ouvre pour permettre à la femme que j’aime
d’ouvrir ses ailes.
Nita
jeudi 3 mars 2016
Tout vivre
Je voudrais voler comme un oiseau
Traverser le continent
Explorer le territoire de l'Amérique
Caresser du regard les chaînes de montagnes
Suivre le tracé sinueux des grandes rivières
Pénétrer dans les cavernes
Découvrir les sources souterraines
Voyager dans le monde des morts
Parler aux âmes
Faire danser les grands-pères
Sourire les grands-mères
Je voudrais tout vivre, tout voir
Les villes au travail le matin comme le soir
Les bureaux, les usines, les commerces
Les chantiers
Les corridors d'hôpitaux
Je veux saisir la rêverie du philosophe
celle du poète
La pensée du flâneur
Et les délires des mendiants
Je voudrais frôler le mystère de chaque porte
De chaque fenêtre
À chaque coin de rue, dans chaque bout de ruelle
Je voudrais communier avec l'humain terrestre
Et en faire un bouquet d'automne
Nita
jeudi 25 février 2016
samedi 13 février 2016
Comment ma main avait échoué là?
Au fait, comment ma main avait-elle échoué sur cette plage déserte à l'époque où l'errance cousait des mots dans l'infini? Comment ma main en creusant dans le sable avait-elle ressuscité cette pierre naufragée? Midi cognait sur la plage, et les récifs et barques tremblaient sous la lumière blanche. J'ai scruté le large, cherchant à identifier vers quel continent orienter mon voyage. J'ai écouté le souffle du vent, plein de ces odeurs puissantes qui multipliaient mon courage. Des oiseaux sont arrivés de plus en plus nombreux. J'ai fermé les yeux et je compris que j'étais là où je voulais être. Que j'y étais comme un gant tourné à l'envers. Alors j'ai marché jusqu'au port, au milieu de la cité. Je me suis installé au café. Le patron a rempli mon verre et je me suis mis à écrire ... une lettre à mon père. Le lendemain j'en écrivis une autre et chaque jour une nouvelle. Je racontais des trucs, n'importe quoi, ce qui me passait par la tête et la lettre terminée je la déposais à la poste. J'ignorais son adresse, je l'inventais à chaque fois, dans une ville nouvelle. Ce qui était difficile c'était la première phrase, celle qui donnait du sens à cet échange par-delà le temps et l'espace. « Quand je t'ai vu la dernière fois, tu étais en train de mourir. » Cette scène récurrente, comme les étoiles de mer sous ma plume, je l'ai explorée dans tous ses contours jusqu'à la vider de sa substance obscure pour me retrouver intacte sur la feuille blanche de ma vie.
Nita
mardi 9 février 2016
Derrière les nuages alourdis
Derrière les nuages alourdis, j'entends le grattement de ma plume, le soupir de la lampe, mon petit rire inutile à cheval sur la lune. La saison se retire, bousculée par le vent qui dépouille les arbres. Je cherche l'enfoncement dans le moelleux de l'existence et je voltige tempête d'eau à la surface des choses. Le bleu du ciel s'étale dans un charme irrésistible de nuit boréale et les heures ne comptent plus. Mon épaule s'allège, se rappelant de l'oiseau qu'elle était. Une brise frôle mon visage, fouine dans mon cou. Dans le nid odorant des feuilles mortes, la chaude clameur des bernaches m'enveloppe. Une vieille femme sort d'un tronc d'arbre et se confectionne une écharpe avec ma peau engourdie. L'homme à ses côtés mange mes mots et les mêle aux sédiments de la terre.
Nita
samedi 6 février 2016
Une odeur d'orchidée
Quand le soleil hésite à l'autre bout de la terre, j'ouvre la lampe et mon âme s'échappe sur les plages ensoleillées d'un Pacifique imaginaire. Je plonge dans la lumière des vagues. Je culbute dans un espace qui soulève l'amour au bout des fleuves, la marche des siècles, le bruissement du monde. La samba de tout mon être s'élance dans le fouillis enchevêtré des branches pour rejoindre le cœur saignant de l'arbre où des nœuds inextricables de verts s'enroulent à ma chair. Je tresse des flèches de lumière et les parfums amazones fondent sur ma langue et imprègnent ma mémoire d'essences végétales. Sous les voiles diaphanes, toutes les créations depuis mille ans défilent sous mes yeux. Les doutes, l'errance, la solitude. La folie, les deuils, les souvenirs. Les naissances, les morts, les mariages, les départs. Toutes les expressions humaines se métamorphosent en forêts, nuages, ondes. Je sens la présence d'un enfant sur mon cœur, cette chair de la chair retrouvée. Je me réveille à l'aube, une odeur d'orchidée à mes côtés.
Nita
vendredi 29 janvier 2016
Je te dirai l'invraisemblable
Je te dirai l'invraisemblable
moi qui ne suis que de passage
Dans une langue inconnue mais familière
J'éveillerai des chimères
Qui t'étreindront jusqu'à la lumière
Je m'envolerai comme une louve
Sur l'oreiller de la lune
J'avalerai l'océan et filerai sur les dunes
Échevelée et démente
J'irai impétueusement dans les bras de l'aube
Oui Je te dirai l'invraisemblable
moi qui ne suis que de passage.
Dans une langue inconnue mais familière,
J'éveillerai des chimères
Qui vous étreindront jusqu'à la lumière
Évanescente comme la neige
J'ensorcellerai les outardes
Je soufflerai d'étranges messages
dans l'oreille des sages
Et nous verrons par les chemins rebelles
La liberté chevaucher le grand nord sauvage
Je te dirai l'invraisemblable,
moi qui ne suis que de passage.
Dans une langue inconnue et familière
J'éveillerai des chimères
Qui t’étreindra jusqu'à la lumière
Je transformerai la peau durcie du temps
Je pétrirai chaque particule d'inexistence
Les rêves d'amour arrachés au désert
S'envoleront dans une danse
La musique dans le ventre
La lumière dans les yeux
J'irai rejoindre la présence lointaine des arbres
Épouser le blanc silence
qui nous rassemble et nous ressemble.
moi qui ne suis que de passage
Dans une langue inconnue mais familière
J'éveillerai des chimères
Qui t'étreindront jusqu'à la lumière
Je m'envolerai comme une louve
Sur l'oreiller de la lune
J'avalerai l'océan et filerai sur les dunes
Échevelée et démente
J'irai impétueusement dans les bras de l'aube
Oui Je te dirai l'invraisemblable
moi qui ne suis que de passage.
Dans une langue inconnue mais familière,
J'éveillerai des chimères
Qui vous étreindront jusqu'à la lumière
Évanescente comme la neige
J'ensorcellerai les outardes
Je soufflerai d'étranges messages
dans l'oreille des sages
Et nous verrons par les chemins rebelles
La liberté chevaucher le grand nord sauvage
Je te dirai l'invraisemblable,
moi qui ne suis que de passage.
Dans une langue inconnue et familière
J'éveillerai des chimères
Qui t’étreindra jusqu'à la lumière
Je transformerai la peau durcie du temps
Je pétrirai chaque particule d'inexistence
Les rêves d'amour arrachés au désert
S'envoleront dans une danse
La musique dans le ventre
La lumière dans les yeux
J'irai rejoindre la présence lointaine des arbres
Épouser le blanc silence
qui nous rassemble et nous ressemble.
Nita
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