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dimanche 17 décembre 2017

Pratiquer l'Éveil


Vous devez en conséquence abandonner une pratique fondée sur la compréhension intellectuelle, courant après les mots et vous en tenant à la lettre. Vous devez apprendre le demi-tour qui dirige la lumière vers l’intérieur pour illuminer votre véritable nature. Le corps et l’âme d’eux-mêmes s’effaceront, et votre visage originel apparaîtra. Si vous voulez atteindre l’Éveil, vous devez pratiquer l’Éveil sans tarder. 

Dôgen

mercredi 26 juillet 2017

Basculement de conscience


L'éveil est un basculement de la conscience, au cours duquel la pensée et la conscience se dissocient... Dans cet état, au lieu d'être perdu dans vos pensées, vous vous reconnaissez comme étant la présence qui se trouve justement derrière les pensées. Ces dernières cessent d'être une activité autonome prenant possession de vous et régentant votre vie. Dans cet état, c'est au contraire la présence qui prend possession de la pensée. Alors, au lieu de contrôler votre vie, la pensée devient la servante de la présence. Cette présence est en fait le lien conscient que vous entretenez avec l'intelligence Universelle.

Eckhart Tolle

lundi 6 février 2017

Renoncer au savoir


Avant d'atteindre l'Éveil, Naropa était un érudit. On dit qu'il était le vice-président d'une université très réputée et qu'il avant lui-même dix mille disciples. Un jour, il s'endormit sur ses livres. Ce qu'il vit était tellement chargé de sens que ce n'était pas un rêve mais plutôt une vision. Il vit un être repoussant, une vieille femme effrayante. Il se mit à trembler. Elle l'interpella:
- Naropa, qu'est-ce que tu fais ?
- J'étudie, répondit-il.
- Qu'est-ce que tu étudies ? poursuivit la sorcière.
- La philosophie, la religion, l'épistémologie, les langues, la logique.
- Est-ce que tu comprends  ce que tu étudies ? insista la vieille.
- Bien sûr, rétorqua Naropa, je comprends tout.
- Comprends-tu les mots ou le sens ? voulut encore savoir la femme.
Son regard était tellement pénétrant que nul n'aurait osé lui mentir. Devant elle, l'érudit se sentit nu, transparent. 
- Je saisis les mots, avoua-t-il.
La femme se mit à danser en riant. Sa laideur disparut, elle irradiait une beauté subtile. Naropa pensa:
- Je l'ai rendu heureuse, Pourquoi ne pas en faire un peu plus ?
Il ajouta :
- Et je comprends également le sens.
La femme cessa de danser, le sourire quitta son visage et elle éclata en sanglots. Sa laideur revint, centuplée.
- Que se passe-t-il ? s'inquiéta Naropa.
- J'exultais d'avoir trouvé un savant qui ne mente pas, dit-elle. Je pleure parce que tu mens à présent. Tu sais fort bien que tu ne comprends pas le sens de ce que tu étudies.
La vision prit fin. Naropa n'était plus le même homme. Il quitta l'université et n'ouvrit plus un livre de sa vie. Il avait compris.

Anonyme, histoire rapportée par Osho

vendredi 29 mai 2015

Voeu du Bodhisattva


Que la précieuse pensée de l'Éveil
Naisse en moi, si je ne l'ai pas conçue.
Quand elle a pris naissance, que jamais elle ne décline
Mais toujours se développe
Traduction Matthieu Ricard, dans: L'art de la Méditation

mardi 10 février 2015

Sur la place du marché


Cher ami, ne vois-tu pas
cet homme du satori
qui a cessé d'étudier
et vit sans effort ?
Il ne cherche ni à écarter
les illusions ni à trouver la vérité.
Shodoka

dimanche 8 février 2015

D'âme à âme


Il n'est pas de mots, mon ami, pour te dire le réel. Le parfum d'une rose du jardin, le baiser glacé d'un flocon de neige sur la langue, la douceur de la peau à l'endroit le plus tendre, la clarté lumineuse de l'eau sous la caresse du soleil d'été - comment saisir cette fugacité absolue, qui pourtant demeure ? Demeure...

L'homme aux yeux ouverts a fait tourner une fleur entre ses doigts. Un sourire est éclot, de cœur à cœur. I shin den shin.

mercredi 10 décembre 2014

Le bol de l'Éveil


Un moine demande à Ummon :
Quelle est la poussière de l'Éveil ?
Ummon répond:
Le riz dans le bol, l'eau dans la tasse.

Sagesse de l'eveil, Marc de Smedt

lundi 29 septembre 2014

Rien n'est comme avant

Il est impossible que je sois éveillé car rien n'est comme avant. Ou alors, c'est la première fois que je m'éveille, et tout ce que j'ai connu avant n'était que sommeil.
Walt Whitman

mardi 23 septembre 2014

Sortir de la pensée

S'éveiller sur le plan spirituel, c'est s'éveiller du rêve de la pensée.

Le domaine de la conscience est trop vaste pour être saisi par la pensée. Lorsque vous ne croyez plus tout ce que vous pensez, vous sortez de la pensée pour voir que le penseur n'est pas votre être essentiel.
Eckhart Tolle, Quiétude

dimanche 21 septembre 2014

Le pet d'éveil


Abu Bakh (Dieu veille sur lui !) cheminait un matin avec quelques disciples.

Le sage allait devant, assis sur son baudet. Les autres étaient à pied. Comme ils allaient ainsi sous le soleil content, l'âne lâcha un pet. Bouleversement d'Abu Bakh. Il sursauta en gémissant comme un amant soudain éperdu de bonheur, il se déchira la chemise, la face au ciel, riant, pleurant.

- Seigneur, s'exclama-t-il, Seigneur, comme je T'aime ! Comme Tu parles juste et clair dans Ton infinie compassion !

Ses disciples se regardèrent, déconcertés, les sourcils hauts. L'un d'eux osa lui demander :

- Maître, que vous arrive-t-il ? Un âne pète et Dieu vous vient ? L'air nous manque, expliquez-nous vite !

Il répondit :

- Mes chers enfants, comme nous allions sous la brise, l'âme en paix et le corps aussi, je pensais : « Je chevauche droit, bien au chaud dans mon grand manteau, mes disciples sont là autour, trottinant au plus près de moi. Ils sont discrets, ils me respectent, ils se disputent le plaisir de tenir la bride de l'âne. Décidément, je suis quelqu'un. Je suis un cheikh considérable. 

Voilà comment, le jour venu, honoré de la terre au ciel, j'entrerai dans la haute gloire de la résurrection des saints ! » Comme je me disais cela, l'âne péta.

Réponse brève à ma litanie d'âneries, mais d'une justesse si pure que extase m'en est venue. 

Merci à Amezeg d'avoir porté à ma connaissance ce conte raconté par Henri Gougaud ici: http://www.cles.com/chronique/le-pet-d-eveil

mercredi 10 septembre 2014

Quand te réveilleras-tu ?

Ami, réveille-toi, ne dors plus ! La nuit est finie, voudrais-tu aussi perdre ta journée ? Tu as dormi pendant d'innombrables âges; ne te réveilleras-tu pas ce matin ?

Rabindranath Tagore

mardi 2 septembre 2014

Le prix de l'Éveil

Pour obtenir l'Éveil, y-a-t-il un prix à payer ? Je crois que oui. Il suffit d'abandonner ce à quoi on tient le plus. J'entends chacun se récrier à sa façon: quoi ? Je devrai abandonner ma femme, mon fils, ma maison, mon yacht, mon whisky, mon tabac, mon Picasso, mon poste de Président. J'entends même une dévote protester: abandonner mon Dieu ? Et un zéniste tout raidi d'indignation: abandonner ma recherche de l'Éveil ?
 (...)
Nous avons tous la main crispée sur quelque chose. Nous avons tous quelque chose que nous ne voulons pas lâcher. Quelque chose ? Si l'on ouvrait la main, on verrait qu'elle ne serrait que du vide. Mais c'est ainsi, nous nous cramponnons. Tout mais pas ça ! C'est pourtant ça, rien que ça, qu'il faut laisser tomber.
Pierre Feuga, Pour l'Éveil

jeudi 28 août 2014

Éloge de l'échec

La déception, le revers, l'échec sont d'excellents stimulants pour l'Éveil. Ils nous ramènent à la question des questions: quand je souffre, qui souffre ? Quand j'échoue, qui échoue ?

Pierre Feuga, Pour l'Éveil

samedi 23 août 2014

Illumination

Reflets sur la Tamise - Claude Monet

Un clochard londonien cherche un endroit où passer la nuit. Il a dû se contenter d'un croûton de pain en guise de repas. Comme il tombe un léger grésil, il s'enveloppe soigneusement dans son manteau loqueteux. Au moment où il est sur le point de s'endormir, une Rolls Royce s'arrête. Une belle jeune femme en descend et lui dit: « Mon pauvre homme, allez-vous vraiment passer la nuit sur la berge ? — Oui, répond le clochard. — Je ne puis supporter cela. Je vais vous emmener chez moi, où vous passerez la nuit après avoir pris un bon dîner. » 

La jeune femme presse le clochard de monter dans la voiture. Ils sortent de Londres et arrivent devant une immense résidence entourée de jardins. Un majordome leur ouvre la porte et la jeune femme lui dit: « James, je compte sur vous pour installer cet homme dans le quartier aux domestiques. Veillez à ce qu'il soit bien traité. » Ce que fait James.

Quelques temps après, la jeune femme, déshabillée et prête à se mettre au lit, se souvient soudain de son invité. Elle enfile une robe de chambre et emprunte un corridor pour se rendre au quartier des domestiques. Voyant passer un rai de lumière sous la porte de la chambre dans laquelle l'homme a été installé, elle frappe, entre et le trouve éveillé. « Que se passe-t-il, cher monsieur, n'avez-vous pas reçu un bon repas ? 
- Je n'ai jamais fait un meilleur repas de toute ma vie, madame. »
- Avez-vous assez chaud ?
- Oui, le lit est chaud et confortable.
- Peut-être avez-vous besoin de compagnie. Faites-moi donc une petite place... »
Sur ces mots, elle s'approche de lui. Alors, l'homme recule pour lui faire une place et tombe dans la Tamise.

Anthony de Mello rapporte cette histoire dans "Quand la conscience s'éveille". Son commentaire vaut la peine d'être médité:

Vous ne vous attendiez pas à cela, n'est-ce pas ? Illumination. Illumination. Réveillez-vous ! Lorsque vous serez prêt à échanger vos illusions pour la réalité, lorsque vous serez prêt à échanger vos rêves pour les faits, alors vous trouverez l'illumination. C'est alors que la vie prendra enfin un sens. C'est alors que la vie deviendra belle.