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dimanche 16 novembre 2014

Scalpel lumineux


Le silence entre nous accomplit son œuvre implacable de corrosion des chairs vives. Tel un scalpel lumineux, il dénude l'essentiel, le rendant à sa nature de diamant étincelant. Lentement, le tendre tissu des mots et des gestes qui nous unissaient s'effiloche et seul demeure dans l'invisible ce qui ne peut mourir. Dans le sang du cœur répandu, les larmes et la souffrance, non pas ce qui a été ou ce qui sera mais ce qui est: le soleil d'une présence au-delà de toi et moi, que le temps ne saurait corrompre.

dimanche 7 septembre 2014

Palpitations stellaires

Je sens que toutes les étoiles palpitent en moi.
Le monde jaillit dans ma vie comme une eau courante.
Les fleurs s'épanouiront dans mon être.
Tout le printemps des paysages et des rivières monte comme un encens dans mon coeur, et le souffle de toutes choses chante en mes pensées comme une flûte.

Rabindranath Tagore

jeudi 4 septembre 2014

De maintenant à maintenant

C'est un chemin mystérieux qui va de maintenant à maintenant, en passant par maintenant, sans détours ni raccourcis, avec patience et douceur, en tout amour et en pleine conscience. Ne m'y cherche pas, tu m'y trouverais ! Ne t'y perds pas, car tu raterais alors la plus belle fleur qui se puisse voir sur le bord de ce sentier qui va de ton cœur à ton cœur - cette fleur, la vois-tu ? C'est ce que tu es, depuis toujours...

mardi 2 septembre 2014

Un cœur sans fond


Tout empêche un écrivain d'écrire - mais écrire, c'est passer outre à l'empêchement d'écrire. Aimer, c'est passer outre à l'empêchement d'aimer. Le monde ne peut rien contre ça. Le monde ne sait passer outre à rien, pas même au monde. Le monde ne sait que se continuer, se continuer indéfiniment, poursuivre son long tracé sans origine ni fin, sa grande ligne droite, insupportablement droite, incomparablement moins belle et vraie et pure que le désordre de pétales rouges autour d'un cœur sans fond.

Christian Bobin, un désordre de pétales rouges

jeudi 28 août 2014

Prière quotidienne


Écrire, parce que c'est ma façon de prier, de me rapprocher du cœur vibrant des choses, de prendre refuge en son silence, d'écouter sa tendre pulsation et de tirer au jour son sourire radieux comme un soleil amoureux de la lune.

lundi 25 août 2014

Tendre diagnostic

Si tu étais une maladie, il n'y aurait qu'un seul symptôme pour te reconnaître et ce serait la joie, une joie brûlante comme le soleil d'été. Si tu étais une chirurgie, ce serait bien sûr à cœur ouvert pour laisser sortir la lumière.

mardi 29 juillet 2014

Un poème par jour

En brisant sa tête jour après jour aux pieds de son maître quarante ans durant, Hafiz a rendu le chemin facile à ceux qui le suivent. Il suffit d’aimer l’ami intérieur comme il le fit et de lui dédier un poème à chaque jour...


Hafiz de Chiraz est un poète soufi dans la ligne mystique de Mevlana Rûmî. Pendant quarante ans, il a interrogé son maître spirituel Muhammad Attar, autre grand nom du soufisme, le priant de l'éclairer. Tous les jours pendant de nombreuses années, Hafiz a dédié un poème à son maître. Un jour, alors qu'il avait plus de soixante ans déjà, Hafiz a désespéré et a commencé une vigile de quarante jours. Il a tracé un cercle autour de lui et s'est assis au milieu sans manger ni boire pendant ces quarante jours. Au quarantième jour, dit la légende, l'Ange Gabriel lui est apparu et lui a demandé ce qu'il désirait. Juste avant l'aube, Hafiz a alors quitté le cercle et s'est présenté à la maison de son maître. Attar l'attendait à la porte avec une coupe de vin. Hafiz chante pour toujours:

Tout ce que je connais est Amour,
Et je trouve mon cœur Infini,
Partout...

samedi 26 juillet 2014

Réveille !



À la fine pointe du matin
            perle une beauté sans limites.

C’est une goutte de soleil radieux
            qui tombe,
                        incertaine,
            dans le puits obscur
                        du cœur endormi,
            et qui crie,
                        impudique :

RÉVEILLE !

mercredi 23 juillet 2014

Sans avenir ni passé


Je me tiens dans le vide. Il n’y a rien à faire dans le vide. Il n’y a même pas de « je » qui tienne dans ce vide : sans avenir ni passé, un parfum de lilas, la pulsation d’un cœur infini dans l’espace grand ouvert…

mardi 22 juillet 2014

Splendeur




 Ô Splendeur, tu te tiens de l'autre côté de la lumière, qui te fait comme un vêtement. Tu déposes parfois celui-ci sur un arbre ou dans un sourire, et je te surprends dans ton absolue nudité. La force vive de ta beauté transperce alors en un instant l'hymen de mon cœur qui s'en trouve ravi. Je vois bien que tu attends patiemment que je sorte de la cage du temps pour me prendre par la main et me reconduire à la pure spatialité de l'Être...