vendredi 18 octobre 2019

Portes


Qui a déverrouillé  ces mémoires amérindiennes?
Au carrefour d’une destinée dont j’ignore les bras
Pour le tranquille surgissement d’une terre de songes
Dans l'impermanence des événements et des ponctuations?

Et mes pensées vont lentement au bout de leurs horizons
Comme jadis les bisons des Plaines
Elles passent 
Jaunes troupeaux dans la lumière qui s'évanouit.
D’Odanak à Taos
De la mémoire atlante des Innus
Au miroir de la transhumance
De l'Orénoque et de l'Amazone
Les fourches du chemin me ravissent
Chaque jour un petit peu plus de vie
De sable et d'eau.

Et sur l’archet de mon dos
La forêt boréale me chante
Le paysage familier 
D’insondables ancêtres 
Cognant aux portes de mes rêves.

Lug Lavallée

jeudi 17 octobre 2019

Le toit de l'enfer

Dans ce monde qui est le nôtre
Nous marchons sur le toit de l'enfer
En contemplant des fleurs

Koba-Yashi Yataro, dit Issa (1763-1827)

mercredi 16 octobre 2019

Suppose


Suppose
Que je vienne et te verse
Un peu d’eau dans la main
Et que je te demande
De la laisser couler
Goutte à goutte
Dans ma bouche.
Suppose
Que ce soit le rocher
Qui frappe à notre porte
Et que je te demande
De le laisser entrer
Si c’est pour nous conter
Le temps d’avant le temps.
Suppose
Que le vol d’un oiseau
Nous invite au voyage
Et que je te demande
De nous blottir en lui
Pour avec lui voler
A travers la pénombre.
Suppose
Que la mer ait envie
De nous voir de plus près...

Guillevic

mardi 15 octobre 2019

Fragments d'un pays incertain


Aussi près 
Aux cyprès
Au ventre troué des routes des camionneurs
Mais aussi près 
Que les feuillages le savent 
Que le végétal décharge ses synapses  
Sur les tambours éteints de la mémoire

Aussi près
Des morts que des vivants, 
Franchissant dans une marche silencieuse 
La déchirure
La mince pellicule
Du virtuel, du réel ou du mortel?

Maintenant prêt
Au seuil de toutes ces voix parties en pèlerinage,
Laissant leurs oiseaux picorer les pensées.
Dans les hautbois des os, la forêt y répand son haleine rosée
Et le vent vainc les résistances de l’ancienne route du sang. 

Enveloppé dans la verte bruine de ce pays incertain

On en oublie ce qui se consume dans le feu des urgences.
Et il semble que les morts et vivants se désaltèrent d’une aube nouvelle.

Lug Lavallée

lundi 14 octobre 2019

Porte ouverte


Il y a une porte ouverte
et pourtant il faut la forcer.

Nous ne savons pas ce qu’il y a derrière,
mais de là vient l’appel.

Nous ne pouvons aller ailleurs,
mais nous venons d’ailleurs.

Nous sommes dehors et le savons
mais peut-être que tout est dehors.

Toujours nous cherchons cette porte,
mais elle devrait être fermée.

Ici l’ouvert est infranchissable.
Comment franchir ce qui n’existe pas ?

Il faut fermer l’unique porte
afin peut-être de pouvoir entrer.

Roberto Juarroz

dimanche 13 octobre 2019

Jalons pour un Manifeste


Nous en appelons à l’irrévérence!
 Cessons d’être polis devant la référence

Nous en appelons à la force primitive de nos tambours
Enterrons définitivement les dialogues de sourds
Nous en appelons à la colère des éléments
Nous en appelons à tous les démons de nos angles morts
Pour retrouver le feu des origines de la voix
Non aux ulémas de la pensée unique dans les minarets des médias
Non aux docteurs de tous acabits qui nous prescrivent comment penser
Finissons-en avec le climat démentiel qui nous tient dans ses ficelles
Finissons-en avec l’usage éhonté de la terre
L’homme appartient à la terre et non le contraire
Finissons-en avec les criminels qui se l’approprient
Les constitutions qui les protègent
Le phallus meurtrier de la finance
La bourse qui sacrifie le présent pour l’avenir de quelques-uns

Non aux juridictions, aux lois,  à l’extorsion de nos libertés
Non aux mensonges des fausses nécessités qui nous détournent de nos intuitions
Non aux vautours qui rôdent autour des chairs fraîches de nos étés 
Non aux consensus fabriqués pour légitimer les spoliations
Non aux  plus-values de la vitrinisation numérique 

Incluons une nouvelle notion de crime que nous appellerons crime sociétal
Répréhensible quiconque détruit son environnement pour son propre bien
Répréhensible quiconque aliène la liberté d’autrui
Répréhensible quiconque manipule les consciences
Répréhensible tous les vampires cyniques qui saignent nos rêves

Cessons d’être les esclaves d’un seul pharaon
Soyons tous et chacun notre propre œuvre d’art
Il n’est aucun bien que l’on puisse posséder
Le seul bien est la vie que l’on se donne.

Lug Lavallée

samedi 12 octobre 2019

Absolue liberté


Quand je ne pense pas et que je parle
Quand j’ignore ce que je dis
Saisie par une fureur souterraine
Un flot de connivence
Un fragment d’existence
Je deviens navigateur d’îles lointaines
Ciel, tonnerre, terre
Je plonge animal
en tête-à-tête avec le rire et la démesure
La sorcière frissonnante implose

Les gens ignorent à quel point
ces mondes m’appellent
Ces royaumes impalpables
Ces silences entre les lignes
Ces berges inconnues
Ces aubes qui bourdonnent de vivre
Ces ardentes secondes inventées
Ces clins d’œil, ces pas de danse
Cet instantané
Avec une grâce prodigieuse
Je cuisine la raison
Les profondeurs se démènent
L’absolue liberté offre sa présence accessible, disponible
Je tremble, je frissonne
Je danse avec ce qui monte
les pieds enracinés au feu souterrain
Cette ivresse millénaire
Ce chien endormi sous la mer
Cette frontière du Nous
de l’instant présent

Nita

vendredi 11 octobre 2019

Un pays sans hiver


J'ai rêvé d'un pays sans hiver mais il n'existe pas. J'ai couru après un temps sans lendemain mais il s'est enfui sans retour. J'ai voulu un soleil qui ne se coucherait jamais et il m'a gentiment reconduit à la nuit. Enfin, je te rencontre dans ton absence et ton sourire éclaire ces vies que nous n'avons pas vécues ensemble...

jeudi 10 octobre 2019

Pour en finir avec Gilgamesh


Les dieux ont caché l'immortalité 
dans le cœur des hommes 
afin qu'ils ne puissent pas la trouver
et que dans leurs quêtes, ils s'inventent des idoles,
des héros agités par le fanatisme et la démence
bousculant terres, mers, vents et ciel
jusqu'à l'éternel silence
assourdissant de la mortalité
.
Les dieux ont soustrait le pouvoir 
du ventre des hommes
afin qu'ils ne puissent pas le dénaturer
et qu'ainsi ils continuent de dominer leur prochain,
épuisent le carburant de leur enfance pour affoler la roue du temps, 
 et que frustrés, ils projettent d'arracher les bras des galaxies,
fassent moisir la pluie, 
exténuent la lumière du soleil
puis saignent le blanc et le noir.

Les dieux ont placé l'immatérielle beauté
dans les yeux des hommes
afin qu'ils ne puissent pas la posséder

et qu'ainsi ils continuent de vider l'univers de ses couleurs,
sculptent la lumière avec les ciseaux de l'ombre,
crèvent le cœur des roses comme des insectes enragés
et qu'agenouillés devant leurs chimères
ils puissent enfin péter et roter.

Les dieux ont placé la vérité
dans l'esprit des hommes
afin qu'ils ne puissent point la tromper
et donnent des noms à chaque chose,
fixent le mouvement dans des mots et des concepts,
érigent des forteresses de paroles
autour du Verbe qui a abandonné ses frocs
et qu'aveuglés, ils s'enferment dans la cécité. 
  
Les dieux ont laissé l'espérance 
dans le cœur des hommes
afin qu'ils puissent traverser 
au jour du crépuscule des dieux
le long désert de l'Histoire, 
et qu'ils laissent derrière eux
les derniers murmures de la première cité
traversant enfin la porte du soleil dense.

Les dieux ont dissimulé tout près l'amour 
dans le cœur des hommes
afin qu'ils puissent le trouver
et qu'enfin libérés des pièges de leurs désirs,
délivrés des chaînes des peurs
transmises d'une génération à la suivante
ils puissent s'ensemencer dans le terreau du soleil
et échapper aux lois du retour.

Lug Lavallée

mercredi 9 octobre 2019

Rétroaction


C'est parce que le poème rétroagit
sur ce qui l'engendre
                en imprimant
                densité
                vigueur
                éclat
que le poète reçoit 
tant de l'écriture.

Charles Juliet

mardi 8 octobre 2019

Au pays de Menaud


Tel Menaud, jadis sur le sentier des ancêtres,
Longeant les Hautes-Gorges, réveillant l'effroi,
De son bâton nommant l'écho dans le beffroi,
Je veux réintégrer la narration des hêtres.

Dans cette nuit d'encre où disparaissent les mètres,
De la taïga à la toundra règne le froid,
Temple sacré où le chasseur se change en proie
Le corps et l'esprit livrés à de nouveaux maîtres.

Loin dans ce pays pleurant ses météorites,
Puériles semblent les lumières des cités.
L'angoisse y perd son sang comme une stalactite

Puis s'éveillent tous les animaux alités 
Quand La Malbaie avec ses cris de stalagmites
Revoit le Manitou en son éternité.

Lug Lavallée

lundi 7 octobre 2019

Illusion d'optique


Un être humain est une partie de l’ensemble, que nous appelons « Univers », une partie limitée dans le temps et l’espace. Il se ressent lui-même, ressent ses pensées et ses sentiments comme quelque chose de séparé du reste – une sorte d’illusion d’optique de sa conscience. Cette illusion est une sorte de prison pour nous, nous limitant à nos désirs personnels et à l’affection pour quelques personnes proches de nous. Notre tâche est de nous libérer de cette prison en élargissant notre cercle de compassion pour embrasser toutes les créatures vivantes et l’ensemble de la nature dans sa beauté. Personne n’est en mesure de réaliser cela complètement, mais l’effort pour une telle réalisation est en soi un pas vers la libération et est la fondation d’une sécurité intérieure. 

Albert Einstein

dimanche 6 octobre 2019

Poème fétiche


J’aime les mots comme les talons hauts
Ceux qui font comme les gouttes d’eau
Sur les toits de tôle des dimanches après-midis
Aussi, ceux qui font comme des bruits de clous
Dans les greniers de mes tabous
Trouant l’hymen de l’espace des non-dits.

J’aime les mots séminaux
Œufs et yeux de serpents
Habillant le monde dorénavant devenu sensible
De leurs peaux et rivières
Entraînant les géométries invisibles de la pensée
Dans leurs mues, leurs robes, leurs arômes et leurs dentelles.

Les mots sont les végétaux ophidiens
De la culture exposée aux œuvres des menstrues.

Lug Lavallée

samedi 5 octobre 2019

Pluie qui tombe


Quel est le pire, la pluie qui tombe ou que tu refuses d'être mouillé ?
Les vents qui changent, ou que tu te battes contre ?
L'herbe comme elle pousse, ou que tu demandes qu'elle croisse plus vite ?
Ce moment-ci, ou le rejet que tu en fais ?
Considère la possibilité que la vie n'est jamais "contre" toi.
Tu es la Vie.

Jeff Foster

vendredi 4 octobre 2019

Branches


Branches
Tisons de bras et de regards
Posés là
Tombés là
Accidentellement

Non !
Puisque tout ce qui reste de verdoyant
Dans la volonté de la sève pour durer
Endurer l’eau qui tonne
Et l’hiver au bout de ses silences
Est au souffle retenu de la branche sur le sol
Une musique intérieure
Homme, animal, oiseau
Une articulation désarticulée
De la forêt des origines
Où jamais les bourgeons n’éclatent
Et les branches tombent !

Lug Lavallée

mercredi 2 octobre 2019

Épouser la mer


J'ai épousé la mer cette nuit
À l'heure où la côte s'éclaire

La mer ne m'a rien demandé
Ni d'où je viens
Ni qui j'ai aimé

Elle a rempli ma bouche de son sel
Et mon esprit de son silence.

Jean Autissier

mardi 1 octobre 2019

L'envers des choses


Le Dieu de face, le Dieu connu, celui des religions, ne nous a servi à rien. Plus qu'un Dieu qui tourne le dos, je crois parler de la recherche du dos de Dieu. La part visible des choses, décrite, racontée, historique, connue de tous, ne nous a servi à rien. C'est l'envers des choses qu'il faut découvrir. C'est là tout le sens de ma recherche.

Roberto Juarroz

dimanche 29 septembre 2019

Le grand V


Le sceptre des récoltes  brandit
ses épis d'or d'argent et ses têtes

Septembre met le ciel au défi
orage  grêle  épiphanie

on  coupe  
enroule  lie  noue
vendange  engrange 
gerbes d'anges

épis  têtes  pointent
le grand V des oies
taillé de becs d'ailes 
de plein  délié

délit de fuite

de vide  de verre
de ciel en entonnoir
pleuroir d'ivresse
d'appels sauvages
d'alarme au sacrifice 
d'oisiveté

fin d'été

Cygne blanc


samedi 28 septembre 2019

Poème inutile


Le poème est sur la route
Et m'accompagne au sommet
De cette montagne sans fin
J'écris dans ma tête
A l'encre divine
Ce qui m'entoure 
De ça de là
Pareil à l'eau qui court
Dans le ruisseau fébrile
Et les oiseaux 
Piaillent au quatre vents
En attendant mon poème inutile

Lucien Francoeur 

vendredi 27 septembre 2019

Insensité


La valeur des choses n'est pas dans la durée, mais dans l'intensité où elles arrivent. C'est pour cela qu'il existe des moments inoubliables, des choses inexplicables et des personnes incomparables.

Fernando Pessoa

mardi 17 septembre 2019

Une tresse de foin


Une tresse de foin d'odeur
enluminé des rayons du jour
cueilli au bord de la rivière Rouge
brin d'ADN d'une génétique hérissée

Vertes  spirogyres d'algues
d'ondes d'eau douce à marine
rivière du Loup   Maskinongé
sous la lune d'août
le fleuve en caducée

Les trois sœurs
maïs  courges  fèves
des deux Amériques
liées à nos mémoires
labeur d'une terre
en quête d'identité

Cygne blanc


lundi 16 septembre 2019

Morceau de rêve


Je me suis réveillé, un morceau de rêve entre les mains,
et n’ai su que faire de lui.
J’ai cherché alors un morceau de veille
pour habiller le morceau de rêve,
mais il n’était plus là.
J’ai maintenant un morceau de veille entre les mains
et ne sais que faire de lui.

À moins de trouver d’autres mains
qui puissent entrer avec lui dans le rêve.

Roberto Juarroz

dimanche 15 septembre 2019

La trace des dieux enfuis


Hölderlin demandait : Et pourquoi des poètes en temps de détresse ?

Heidegger répond : 


Le sacré, voilà la trace des dieux enfuis. Mais qui des mortels est capable de déceler une telle trace ? Il appartient aux traces d'être souvent inapparentes, et elles sont toujours le legs d'une assignation à peine pressentie. Être poète en temps de détresse, c'est alors : chantant, être attentif à la trace des dieux enfuis. Voilà pourquoi, au temps de la nuit du monde, le poète dit le sacré.

samedi 14 septembre 2019

Expérience de la totalité


Une goutte de rosée, une fleur, une étoile filante, un simple animal qui traverse le sentier, et même un rayon de soleil venant caresser un plat en étain : n'importe laquelle de ces petites visions peut suffire à changer votre psychologie du tout au tout. Vous avez une attitude de complète humilité et l'envie de tirer le maximum des plus petites choses, car c'est dans le tout-petit qu'apparaîtra le très-grand - c'est ce que vous espérez. 

Et ce qui vient, c'est le numen, le petit indice que le dieu est là. Le dieu vous fait un petit signe, il ne vous donne qu'un indice, mais cela suffit. Si vous pouvez prendre les choses ainsi, vous vivez l'expérience de la totalité.

C.G. Jung

vendredi 13 septembre 2019

Vol dans l'ouvert


J'ai un oiseau noir
pour qu'il vole de nuit.
Et pour qu'il vole de jour
j'ai un oiseau vide.

Mais j'ai découvert
que les deux se sont mis d'accord
pour occuper le même nid,
la même solitude.

C'est pourquoi, parfois,
je leur ôte ce nid,
pour voir ce qu'ils font
quand leur manque le retour.

Ainsi j'ai appris
un incroyable dessin :
le vol sans conditions
dans l'absolument ouvert.

Roberto Juarroz

jeudi 12 septembre 2019

Horizons


Ne fais pas attention à moi.
Je viens d'une autre planète.
Je vois toujours des horizons où tu dessines des frontières.

Frida Kahlo

vendredi 6 septembre 2019

Hommage à Marie Uguay


Tu tissais ton passé au futur de ta mémoire
Tressant les trajectoires effacées des sables jadis fertiles
Imprimées dans les lignes océanes de tes mains muettes
Bientôt noyées

Dans le giron du feu
Dévorant la lumière abrégée
Abreuvée aux derniers oasis
Tu concevais des sortilèges
À même les lianes du langage
À étrangler les cris
De ta mort pressée d’en finir avec tes mots.

Mais dans l’infini pressenti de ton cœur
Les oiseaux captifs derrière les rideaux de tes tympans
Répétaient les milles printemps du premier acte
Du dénouement de notre exode désamoureux.

Lug Lavallée

jeudi 5 septembre 2019

mercredi 4 septembre 2019

Hommage à Gaston Miron


Miron
Chantre d’un pays  au corps incertain
D’une langue à la sève immortelle.

Langue de chiendent aux boulets de Frontenac 
Au panache d’orignal en rut,
Au corps frétillant d’anguille
À l’entêtement du brochet,
À la force d’achigan,
À la diction de pommes de terre
Météorites, grenades tombées du ciel à Rigaud
Miron, qui donc d’autres que nous
Gaulois en perte de latin
Au contact des natifs qui vivaient sans d’autres lois
Que celles que leur dictaient les vents, les rivières et les bois
Peuvent revêtir cette langue de lin
La déshabiller pour un  pèlerinage
Vers l’amour libre?
Cette langue forgée à coups de silex, de pyrites et de granits
Aux ponctuations de  glaciers !

Oh Miron, loin des camisoles de force
De nos institutions et autres névroses
Il est à rêver
Que de la coquille du Québecanthrope
Émerge le pygargue 
De nos libertés ravalées!

Lug Lavallée

lundi 2 septembre 2019

Descente des opposés


La véritable voie ne va pas vers les hauteurs, mais vers les profondeurs, car seul l'autre en moi me conduit au-delà de moi-même. Mais l'acceptation de l'autre en moi signifie une descente dans les opposés, passer du sérieux au ridicule, de la tristesse à la gaité, de la beauté à la laideur, de la pureté à l'impureté. 

C.G. Jung - Le Livre Rouge