samedi 18 novembre 2017

La corde oblique

La corde oblique creuse
la plante de mon pied
y dépose la semence
de l'envol

mon pied tremplin
à chaque pas je te rejoins
toi l'homme oiseau
au circuit des brumes

la ville en miroir scintille
d'envergure
s'éloigne sous l'aile
de notre regard

la voie oblique
initie la rencontre
à la croisée des feux

dans l’œil de l'oiseau solaire
la fusion de la terre 
et du soleil

nos ailes de cendre
polliniseront les étoiles

Cygne blanc

vendredi 17 novembre 2017

Le vent nous portera

Mon âme danse dans le vent ce matin tandis que je pense à toi. La tempête a des atours qu'aucune rose n'égalera. Elle m'emmène en tourbillonnant au cœur obscur de la lumière, où s'enfantent les matins radieux. « Amour, toujours ! » crie-t-elle en chevauchant ardemment les vagues du temps. Oh oui, le vent nous portera au-delà de tout ce que nous pouvions imaginer, jusqu'au bout de nous-mêmes. Et là, bien sûr, je te retrouverai, intacte dans ta sauvage beauté.


jeudi 16 novembre 2017

Libération par la vérité

It is always the false that makes you suffer, the false desires and fears, the false values and ideas, the false relationships between people. Abandon the false and you are free of pain; truth makes happy, truth liberates.
C'est toujours le faux qui vous fait souffrir, les faux désirs et les fausses peurs, les fausses valeurs et les fausses idées, les fausses relations entre les gens. Abandonnez la fausseté et vous êtes libres de la douleur; la vérité rend heureux, la vérité libère.
Nisargadatta Maharaj (ma traduction)

mercredi 15 novembre 2017

Rencontrer l'autre

Percer jusqu'à l’être : qu'est-ce d'autre qu'aimer ? Un court instant traverser toutes les épaisseurs, toutes les cuirasses, tous les enfermements... et rencontrer l'autre. Là jaillit l'étincelle.
Christiane Singer
Propos recueillis par Patrice van Eersel "L’enfantement, l’éros et la vieillesse "

mardi 14 novembre 2017

Une seule Lumière

Paule Lebrun - forever in our hearts...

Une flamme s'est éteinte. Une étoile s'est allumée dans le ciel, a rejoint la grande chaîne d'or qui guide l'humanité. Là-haut, les Anges dansent pour accueillir une nouvelle lumière. Ici-bas, nous irriguons les cœurs avec tout l'amour reçu et ils fleurissent, portant la promesse d'autres flammes qui s'allumeront, ensemencées par cette étoile. Flammes ou étoiles, une seule Lumière.

See you soon...

lundi 13 novembre 2017

Vol de l'oiseau


La conscience est un effort qui tient du vol de l’oiseau. Elle s’arrache à la pesanteur de la terre, elle tend vers le soleil au-delà des nuages, elle épouse le vent et se laisse porter par les courants ascendants, descendants. Enfin, il est toujours un moment où elle éprouve le besoin de se reposer et de revenir au plus bas pour, dans le secret de l’obscurité immobile, préparer un nouvel envol…

dimanche 12 novembre 2017

Au bord de moi-même

Au bord de moi-même je m'arrête et me penche, abîme. Et dans cet abîme l'univers avec son temps et son espace est un astre.  Et dans cet abîme il est d'autres univers, d'autres formes de l'être avec leurs temps aussi, leurs espaces et d'autres vies différentes de celle-ci. L'esprit est plutôt une étoile. Le "dieu" que l'on peut penser est un soleil. Et il est d'autres dieux, d'autres esprits, d'autres essences de la réalité. Et moi, je me précipite en l'abîme et reste en moi. Jamais je ne sombre. Je ferme les yeux et je rêve. Et je m'éveille à la nature. Ainsi je me retrouve et retourne à la vie.

Fernando Pessoa

samedi 11 novembre 2017

Mon phare


J'habite tout en haut  d'un phare
comme l'oiseau marin je m'y pose 
    sans interrompre mon vol
      mon souffle rayonnant
s'amalgame aux allers-retours 
des marées    des continents
    du vent   de la lumière
        le phare témoin
des points de départ et d'arrivée
   des hommes et femmes
migrant de l'eau   à la terre
         de l'air    au feu
      je l'appelle  Volver 
                         mon phare 
d'où je guette ton retour
                          comme l'oiseau  
j'ancre la lumière
aux rochers    de la reconnaissance
          de la survivance
                                     des alliances

Cygne blanc

vendredi 10 novembre 2017

Naissance et mort


Vie et mort n’est pas le couple. Naissance et mort est le couple et la vie traverse les deux.

Dialogues avec l'Ange

jeudi 9 novembre 2017

La saveur d'être


Désormais, tout est changé. J'ai goûté - comme par mégarde - à la saveur d'être, et tout est changé. Quelque chose, en moi, n'est pas né avec moi et ne mourra pas avec moi. Par cette certitude, tout est changé. Il n'y a plus personne à qui reprocher quoi que ce soit - plus personne, non plus, à convaincre de quoi que ce soit... A l'instant où cesse en moi toute représentation - toute idée "sur" les choses, les voilà qui apparaissent dans leur évidence impérieuse, leur vide lumineux.

Christiane Singer

mercredi 8 novembre 2017

Oasis

Voilà, voilà, j'ai marché le chemin qui ne va nulle part et, comme le dit le poète, je suis arrivé où tout commence. J'ai posé mes valises emplies de larmes que je n'avais pas pleurées et je les ai vidées pour irriguer le temps. J'ai ausculté patiemment le silence à la recherche d'une nouvelle vie et, bien sûr, je l'ai trouvée là où je ne l'attendais pas: elle est couleur miel et elle en a le goût vertigineux, ainsi que le parfum du désert quand il fleurit.

mardi 7 novembre 2017

Jour parfait

Just a perfect day
Rien qu'une journée idéale
Drink sangria in the park
A boire de la sangria dans le parc
And then later, when it gets dark, we'll go home
Et plus tard, quand la nuit tombe, rentrer chez soi
Just a perfect day
Rien qu'une journée idéale
Feed animals in the zoo
A nourrir les animaux du zoo
Then later a movie too, and then home
Plus tard, regarder un film et rentrer.
(Chorus) :
(Refrain) :
Oh it's such a perfect day
C'est une si belle journée
I'm glad I spent it with you
Je suis si heureux de la passer avec toi
Oh such a perfect day
Une journée si parfaite
You just keep me hanging on
Tu m'aides à tenir le coup
You just keep me hanging on
Tu m'aides à tenir le coup
Just a perfect day
Rien qu'une journée idéale
Problems all left alone
Tous les soucis ont disparus
Weekenders on our own
Nos voyages pendant les weekend
It's such fun
C'est tellement amusant
Just a perfect day
Rien qu'une journée idéale
You make me forget myself
Avec toi je m'oublie
I thought I was someone else
Je pense que j'étais quelqu'un d'autre
Someone good
Quelqu'un de bien
(Chorus)
(Refrain)
You're going to reap just what you sow
Tu n'as plus qu'à récolter ce que tu as semé
You're going to reap just what you sow
Tu n'as plus qu'à récolter ce que tu as semé
You're going to reap just what you sow
Tu n'as plus qu'à récolter ce que tu as semé
You're going to reap just what you sow
Tu n'as plus qu'à récolter ce que tu as semé


lundi 6 novembre 2017

Relativité de l'Absolu


L'Absolu ne serait pas absolu s'il n'englobait pas la totalité du relatif.
Le Tout ne serait le Tout s'il n'englobait pas chacune de ses parties. 
L'Éternité ne serait pas l'Éternité si elle n'englobait pas le temps. 
L'Infini ne serait pas l'Infini s'il n'englobait pas tout l'espace. 
Le Un ne serait pas le Un s'il n'englobait pas le multiple.

Pierre Vaillancourt

dimanche 5 novembre 2017

Je donne de la voix


Je donne de la voix,
A les faire fuir, à faire pâlir ou même rougir.
Entend-moi !
Pas à côté,
Sans préjugé,
Sans présumer,
Au bon endroit.
Comment faire,
Sans m'arracher le gosier,
Pour enfin,
Profiter de mon oreiller ?
Es-tu prêt à te prêter ?
Avec amour, dans le velours,
Pour que plus jamais,
Ma voix ne s'étouffe,
Dans l'oreiller.
Je donne de la voix,
Passionnément,
Maladroitement,
En attendant,
Qu't'entendes ma voix,
Au bon endroit.


Sous les voiles, la plume

samedi 4 novembre 2017

Tes yeux

Tes yeux sont la patrie de l'éclair
et de la larme,
silence disert.

Tempêtes sans vent, mer sans vagues,
oiseaux prisonniers, fauves dorés endormis,
topazes impies comme la vérité.

Automne dans une clairière où la lumière chante à l'ombre
d'un arbre, et où toutes les feuilles
sont oiseaux,
plage que le matin rencontre constellé d'yeux,
panier de fruits de feu,
mensonge nourricier,
miroirs de ce monde, porte de l'au delà,
pulsation tranquille de la mer à absolu cillant,
midi,
désert de glace.

Octavio Paz

vendredi 3 novembre 2017

jeudi 2 novembre 2017

Plénitude de la présence

Je n'en finis pas de te laisser aller à la rivière du temps, et à chaque fois tu emportes un morceau de mon cœur. Peu à peu se découvre un vide dans lequel je descends doucement, pas à pas. À l'envers du manque, il y a le soleil de ton sourire, et pour rien au monde je ne renoncerai à ce creux abyssal qu'il dessine en moi car il me parle de toi encore. Dans ce vide, il y a moi aussi qui me manque à moi-même, et cette absence essentielle me reconduit à la plénitude de la présence.

mercredi 1 novembre 2017

Le cercle perdure


Filles de l’eau, filles du vent, je vous aime. Toujours présentes à mon cœur vous êtes. Le fer et le feu n’ont pas eu raison de vous. Filles de la terre, filles de la flamme, vous réjouissez mon âme. Le cercle perdure et les étoiles sourient : nous ne cesserons jamais de danser…

Incendie sans limites

Je n'aurai de cesse que de descendre au plus creux de l'être, là où dans la rondeur du temps se recueille l'humide de l'âme. J'y distillerai les amours mortes jusqu'à en extraire l'alcool du chagrin fou qui consume la nuit. Enfoui au cœur de l'obscurité sans visage, au bout de la déraison de l'absence, je retrouverai le feu sacré que tu m'as dérobé. Alors, je proclamerai l'incendie sans limites du matin et j'y précipiterai toutes mes étoiles pour me réveiller enfin libre.

mardi 31 octobre 2017

J'apprends à prendre racine


A toujours regarder la cime,
J'ai oublié de prendre racine.
Mes pas cherchent sans cesse le sol,
Qu'ils ne peuvent trouver en plein vol.
Qu'il est beau pourtant le chant des sirènes.
Mais à toujours prendre le large,
J'ai fait fi de tous les adages.
Que pourrais-je bien récolter,
Que je n'aurais pris le temps de semer ?
A toi, à moi, à nous qui cherchons le secret des étoiles,
Souvenons-nous que "la sève du feuillage ne s'élucide qu'au secret des racines".


Sous les voiles, la plume

dimanche 29 octobre 2017

Au point du jour vermeil

Sur le toit, l'aube est prise au filet du soleil.
Voici le roi du jour dans la coupe du ciel.
"Il faut boire du vin": ce cri d'amour traverse
le temps et l'univers, au point du jour vermeil. 


Omar Khayyam

samedi 28 octobre 2017

Bien voir

Pour bien voir une chose, il vous faut toucher à son contraire. Par l'ombre, vous allez à la lumière. Par l'indifférence, vous atteignez à l'amour.

Christian Bobin

vendredi 27 octobre 2017

À l'aube de toi


Je suis à l'aube de toi. Tu ne t'es pas encore levée, tu n'es pas montée dans mon ciel. Jusque maintenant, je n'ai fait que te rêver, t'imaginer. Je peuplais la nuit de ton sourire pour l'éclairer mais je ne t'ai pas vue, pas encore aimée dans ta splendeur. Alors je vais au rendez-vous que tu m'as donné avec le cœur battant comme un tambour et un chant sur les lèvres. Comme les anciens guerriers, je traverserai la mort pour toi et je chevaucherai enfin le vent, l'âme au clair plongée dans le soleil.

jeudi 26 octobre 2017

Un chemin sans fin


J'ignore si nous serons un jour sauvés, si même ce mot n'est pas dénué de sens. Mais je sais que nous devons traquer un trésor toujours plus lointain, inaccessible, illusoire sans doute, simplement parce qu'en notre vie ne nous fut pas donné d'autre chemin, d'autre choix que cette folie. A la poursuite de cette chimère, il te faudra traverser toutes les montagnes, tous les déserts, toutes les tempêtes, tout ce que la géographie des rêves peut élever d'obstacles. De temps en temps tu redresseras l'échine et te révolteras contre l'invisible cravache qui te pousse en avant. Parfois, au seuil d'une nuit effrayante, tu refuseras d'avancer, comme font les ânes rétifs. Mais partout où tu devras passer en quête du trésor qui n'existe pas, même à travers flammes, de gré ou de force tu passeras. Ne cherche aucune raison à cela, il n'y en a pas. Il n'y a pas de sens, Guillaume. Il n'y a qu'un espoir sans objet à porter sur un chemin sans fin.

Henri Gougaud

mardi 24 octobre 2017

Oser vivre

Oser vivre, c'est oser mourir à chaque instant mais c'est oser également naître, c'est-à-dire franchir de grandes étapes dans l'existence où celui que nous avons été meurt pour faire place à un autre, avec une vision du monde renouvelée...

Arnaud Desjardins

lundi 23 octobre 2017

Imprégnation du silence


Mes amis, le défi fondamental consiste à entrer soi-même en révolution et à permettre qu'un être humain naisse en soi. La voie à suivre pour cela est celle de la méditation. La méditation est une attention incluant tout. Dans la méditation, le silence de l'esprit total aiguise votre être entier ; chaque cellule de l'être devient active. C'est pourquoi la totalité entrant en action et œuvrant avec le mouvement de la vie est un événement prodigieux. Quand l'esprit total devient silencieux, ce silence imprègne l'être entier. Savez-vous ce qu'est l'imprégnation du silence dans l'être ? L'imprégnation du silence dans la totalité de votre être est pure conscience. Nous n'avons pas de motifs, nous n'avons pas de buts, rien à acquérir et rien à sauver ; ainsi le mécanisme de défense ne fonctionne pas. La totalité de votre être devient consciente de tout ce qui se passe en vous et en dehors de vous, exactement depuis les orteils jusqu'à la tête. Vous devenez ainsi mouvement de conscience pure en chair et en os. Oh ! la beauté de cela.

Vimala Thakar

dimanche 22 octobre 2017

Point d'or


Nous n'appartenons à personne sinon au point d'or de cette lampe inconnue de nous, inaccessible à nous, qui tient éveillés le courage et le silence.

René Char

samedi 21 octobre 2017

La nuit dernière

Je rêve que je suis un homme
je connais son nom
ce nom est connu
ainsi que celui qui le porte

Je marche à sa suite
sur un sentier de montagne
à l'heure où le soleil
ocrifie la flore  allonge les ombres
où les oiseaux s'assemblent
en volière silencieuse

En fait je ne vois
que l'ombre du marcheur
dont j’emboîte le pas
celle-ci semble faire
le tour de la montagne
comme un long serpent noir
dont je n'aperçois ni le début ni la fin

Je croise un lièvre furtif puis un renard
quand soudain mes pieds
s'enfoncent dans la tourbe
malgré mes efforts pour m'accrocher
à quelque branchage je disparais
du paysage
l'écho n'a pas le temps de répondre
à mon cri

Je suis sous terre dans une grotte
un antre de fortune
j'avale ma peur pour ne pas être
dévorée par elle
je retiens mon souffle
tant l'air est dense
la lumière avare de ses photons
me permet à peine d'entrevoir
la silhouette de l'autre
car il est là
dans le silence
immobile

Une prière en moi
hésitante d’abord
je me cramponne à elle
comme aux grains d'un rosaire
psalmodiant chaque mot  chaque syllabe
avec une force telle
que le vertige me prend
j’ai la nausée
j’attrape in extremis contre la paroi
une racine
qui m’aspire vers la cime
dans un tourbillon de sève
de lumière et de chants d'oiseaux
puis tout retombe

lourde  sur le sol
un grand feu au centre de la grotte
une voix inconnue s'élève
emplit l'espace  l'air s'allège
je me laisse bercer

quelques plumes d'oiseaux
ornent ma poitrine

Cygne blanc

jeudi 19 octobre 2017

Noirceur de la nuit

D'éternel on ne peut rien écrire
Qui n'ait trempé dans la noirceur de la nuit

Georges Chapman

mardi 17 octobre 2017

Danse !


Danse quand tu es brisé. Danse si tu as déchiré les liens. Danse au milieu du combat. Danse dans ton sang. Danse en toute liberté.

Rûmi

dimanche 15 octobre 2017

Entre deux


Entre deux mondes, entre deux vies, je prends mes quartiers dans le silence. Je campe à l'orée du désert du cœur, j'y établis mon bivouac dans l’œil tendre du cyclone, au risque sinon d'être dispersé aux quatre coins de l'horizon. Ici seulement, je retrouve enfin la source vive où je puise la lumière qui éclaire mon regard de l'intérieur. Dans l'immobilité patiente de l'âme, je contemple la nudité de l'être : au-delà du gouffre que creuse ton absence, il y a la transparence du réel à laquelle je me lave des regrets et des espoirs qui alourdissent encore mon pas.