mercredi 24 mai 2017

Oies sauvages


Les oies sauvages n'aspirent pas à projeter leur reflet.
L'eau n'aspire pas à recevoir leur image.

Tchouang-Tseu

samedi 20 mai 2017

Dualité


La Vérité est une, et pourtant l'amour veut qu'elle revête la dualité pour jouer à être, à la fois, proche et lointaine.

Swami Râmdâs

jeudi 18 mai 2017

Battement de coeur


Y avait-il une réponse ? Une réponse à quoi ? Je n'étais pas en quête d'une pensée ni d'une philosophie ! J'étais en quête d'un battement de cœur.

Satprem

lundi 8 mai 2017

Splendeur de la vie


Il est parfaitement concevable
que la splendeur de la vie se tienne prête
à côté de chaque être et toujours
dans sa plénitude,
mais qu’elle soit voilée,
enfouie dans les profondeurs,
invisible, lointaine.
Elle est pourtant là,
ni hostile, ni malveillante, ni sourde;
qu’on l’invoque par le mot juste,
par son nom juste,
et elle vient.
C’est là l’essence de la magie,
qui ne crée pas,
mais invoque.


Kafka

mercredi 3 mai 2017

Changer le sang en or


Le paradis n'est pas un lieu de l'univers, mon fils, mais un état de ton être. […] Ferme les yeux, le paradis est là, à tout instant, en toi. Inspire, inscris ces mots derrière tes paupières. Expire, et répands-les partout dans l'obscurité de ton corps. Vois maintenant. La vérité se reconnaît à ce qu'elle change ton sang en or.

Henri Gougaud, Paramour

samedi 22 avril 2017

Un bouquet de fleurs éclairantes


Sophia has no lantern, but walks in the front carrying a bouquet of flowers, for seemingly she can see in the dark and needs no lantern like the man behind her does.

Jeffrey Raff, The Wedding of Sophia

Sophia n'a pas de lanterne, mais elle marche devant en portant un bouquet de fleurs, car il semble qu'elle puisse voir dans le noir et n'a pas besoin de lampe, à la différence de l'homme marchant derrière.

Ma traduction

mardi 18 avril 2017

Fantôme en robe bleue


Ce qu'on appelle l'amour est indéchiffrable - un morceau de soleil oublié sur un mur, une compréhension du mal si fine que seul l'exprime un silence, un fantôme en robe bleue.

Christian Bobin

mardi 28 mars 2017

Âne en vacances


L'âne Jaya, en voyage, prend des vacances. Les posts se feront plus rares pour un temps. Je vous souhaite un beau début de printemps...

lundi 27 mars 2017

Lion de l'éveil


Le lion rugit la parole sans peur
Fracas des crânes de la création,
Honte-panique de l'éléphant-roi.
Seuls les sages en savourent le silence.

Sian-Kiué de Yong-Kia

samedi 25 mars 2017

Aube calme

Vent et rosée d'une aube calme.
Seul, derrière les stores, un homme qui se lève.
Loriots et fleurs, larmes et rires -
Ce printemps, à qui appartient-t-il ?

Li Chang-Yin

jeudi 23 mars 2017

mercredi 22 mars 2017

La rivière oubliée

Endormis les yeux ouverts, vous marchez dans la ville sans Me voir. Pourtant, Je suis partout. Je suis l'arbre qui s'incline sur votre passage. Je suis la petite fleur sauvage qui pousse entre deux dalles de béton et vous sourie. Je suis le brin d'herbe qui danse avec le vent et vous nargue gentiment. Je suis le vent aussi, et les nuages lents qui vont leur chemin sans souci, et le soleil derrière les nuages, et les étoiles patientes. Je suis la rivière oubliée qui chante dans votre cœur. Je suis vous aussi, mais vous l'avez oublié car vous préférez vivre dans le petit monde de votre esprit plutôt que de vous offrir à la vie.

lundi 20 mars 2017

Au bord de la rivière bleue


Les anciens poètes savaient s'enivrer de silence. Ils buvaient à la coupe de l'éternité, rayonnant au cœur de la montagne, demeurant cachés au milieu du peuple. Nous en cherchons en vain les traces, qui ne sauraient conduire nulle part. Pourtant, Han-Chan continue de sourire, assis pensif au bord de la rivière bleue.

dimanche 19 mars 2017

samedi 18 mars 2017

Promenade au mont de la Paix Suprême


Le ciel s'écartèle au péril des rochers ;
Le soleil se déchire au vertige des arbres.
Dans l'ombre des ravins meurt l'éclat du printemps ;
Sur la glace des pics vit la neige d'été.

K'ong Tche-Kouei

vendredi 17 mars 2017

La danseuse sublime

Sensualité de la ville sous la caresse du printemps : tout frémit. La danseuse sublime est partout, virevoltant toute entière dans l'air du temps, un accent de violon sauvage, un regard fauve qui te saisit, une robe légère qui se soulève un instant, un rayon de soleil qui fait jouir la terre...

Oh ! Vivrai-je assez longtemps pour l'embrasser et n'en plus revenir ?

jeudi 16 mars 2017

Vraie lumière


Vraie lumière,
Celle qui jaillit de la nuit ;
Et vraie nuit,
Celle d'où jaillit la lumière.

François Cheng

mardi 14 mars 2017

Coulée


N'appelle pas Dieu à voix haute
Sa source est en toi
Et si tu n'obstrues pas le passage 
Rien n'en suspend la coulée

Angélus Silesius

lundi 13 mars 2017

Vacance

Je me promène dans les rues
avec en dedans un espace vacant
où niche, radieux, le printemps.

dimanche 12 mars 2017

samedi 11 mars 2017

Est-ce ainsi que les hommes meurent ?


Depuis bien longtemps déjà,
J'ai cessé d'écrire,
Cesser de lever les yeux,
Cessé de relire.
Dans le parc, devant la grille,
Les hommes arrivent
Et juste une trace de pas
Le long des rives,
Juste une trace de pas
Le long des rives.

Depuis bien longtemps,
Je ne dirige plus les musiciens.
Depuis bien longtemps,
Laissé pendu l'habit de magicien
Dans le parc, devant la mer.
Les robes blanches,
Enfants fragiles comme du verre,
Jouent sous les branches,
Enfants fragiles comme du verre,

 Jouent sous les branches...

Est-ce ainsi que les hommes meurent ?
Et leur parfum, au loin, demeure.

Depuis bien longtemps déjà,
J'ai cessé de vivre,
De toucher du bout des doigts
La tranche des livres.
Dans le parc, devant la rive,
Des bruits étranges,
Bruissements d'ailes, lumières,
Cheveux des anges,
Le bruissements des ailes, les lumières,
Les cheveux des anges...

Depuis bien longtemps déjà,
Le seul souvenir
D'une miette de vie encore
Que je respire,
Dans le parc devant l'allée,
Le vide immense.
Bruits des pas sur le gravier,
De mon enfance,
Les bruit des pas sur le gravier,
Les ombres dansent...

Est-ce ainsi que les hommes meurent ?
Et leur parfum, au loin, demeure,
Et leur parfum, au loin, demeure

Gérard Manset

vendredi 10 mars 2017

Ombre et lumière


Du creux de mes racines
ombre et lumière dansent
ce visage qui me regarde
Ô visage
j’ose danser avec toi
et me laisse enfin être
qui je suis

Raissa60

mercredi 8 mars 2017

Monde meurtrier


Le monde n'est si meurtrier que parce qu'il est aux mains de gens qui ont commencé par se tuer eux-mêmes, par étrangler en eux toute confiance instinctive, toute liberté donnée de soi à soi. Je suis toujours étonné de voir le peu de liberté que chacun s'autorise, cette manière de coller sa respiration à la vitre des conventions, et la buée que cela donne, l'empêchement de vivre, d'aimer.

Christian Bobin

mardi 7 mars 2017

Translation

Entre deux mondes,
     entre deux vies...
je me défais de tout,
    même de moi-même.

lundi 6 mars 2017

Contradiction

Est-ce que je me contredis moi-même ?
Bon d'accord, je me contredis moi-même,
(Je suis vaste, je contiens des multitudes).

Walt Whitman

dimanche 5 mars 2017

Échos du monde

Des échos du monde me parviennent :
des fous aveugles se tapent dessus
en clamant qu'ils sont seuls à voir la lumière.