dimanche 17 mai 2020

Hexagramme 56 : Le voyageur


Le Sage est celui qui n’a pas besoin d’ivoire pour voir.
Sa mémoire seule lui suffit
Il sait se maintenir dans la ponte éternelle
D’un jaune inépuisable aux yeux des nomades
Et qui donne aux éructations tues des montagnes,
Aux labiales des ruisseaux et des rivières
Leurs jeux d’ombres, de lumières et de couleurs.
Comme l’aigle solaire immobile dans ses pensées
Ses vents, ses eaux et ses éléments
Il sait toutes les trajectoires, les envies et leur destin,
Les auberges et les ponctuations des routes de l’existence.
Le Sage est l’hôte de tous les voyageurs
Qui cherchent tous ce qui est
Et qu’il n’est nul besoin de chercher au risque de le perdre
Puisque pour le vrai voyageur l’univers dispose de toute l’éternité 
Pour se dérouler devant ses yeux!

Lug

samedi 16 mai 2020

Danser pour l'éternité

Zorba for ever...

L'enfant regardait le vieil homme qui dansait et semblait danser pour l'éternité.
-Grand père, pourquoi danses-tu ainsi ?
- Vois-tu, mon enfant, l'Homme est comme une toupie.
Sa dignité, sa noblesse et son équilibre, il ne les atteint que dans le mouvement. L'Homme se fait de se défaire. Ne l'oublie jamais.

Francis Razorbak

vendredi 15 mai 2020

mardi 5 mai 2020

La nuit

Dans la nuit
Je me suis uni à la nuit
À la nuit sans limites
À la nuit.Mienne, belle, mienne.Nuit
Nuit de naissance
Qui m’emplis de mon cri
De mes épis.

Toi qui m’envahis
Qui fais houle houle
Qui fais houle tout autour
Et fume, es fort dense
Et mugis
Es la nuit.Nuit qui gît, Nuit implacable.Et sa fanfare, et sa plage,
Sa plage en haut, sa plage partout,
Sa plage boit, son poids est roi, et tout ploie sous lui
Sous lui, sous plus ténu qu’un fil,
Sous la nuit.

Henri Michaux.

samedi 2 mai 2020

Dehors


Dehors
lorsque je sors 
j’hésite
j’oublie
pourquoi sortir
je suis si bien ici

Et là? 
Où est-ce au juste?
je dois faire une recherche
sur le là, le où, l’ailleurs, l’autre,

L’autre m’attend peut-être...
ou est-ce mon imagination
ou la démission de ma chère Solitude
qui ouvrent la porte sur
l’autre, l’au-delà

Finalement où suis-je?

Dans ma tête
je ne peux en sortir
et vous?
À quoi bon essayer
peut-être en avez-vous la clef
Surtout ne la perdez pas
en tergiversations!
Suivez les instructions
ne perdez pas la carte non plus!

Moi, je suis ici
je ne sors pas
je ne veux pas sortir
en fait je ne peux pas
car si je sortais
je serais encore ici
ici,  dedans…
je ne connais pas
le dehors

Venez me visiter si
vous en avez le courage
ici il n’y a que 
du Dedans…

Cygne blanc

samedi 25 avril 2020

Noyade


Quand on a peur on nage tout le temps
de toutes ses forces pour rester à la surface. 
Quand on a confiance on se laisse couler, 
on se noie et on atteint la profondeur ! 

Anonyme Soufi

mercredi 22 avril 2020

Être de passage


Et toi, l’exilé :
Être de passage, toujours de passage,
avoir la terre pour auberge
et contempler des cieux qui ne sont pas les nôtres,
vivre parmi des gens qui ne sont pas les nôtres,

fredonner des chansons qui ne sont pas les nôtres,
rire mais d’un rire qui n’est pas le nôtre,
serrer des mains qui ne sont pas les nôtres,
pleurer avec des larmes qui ne sont pas les nôtres,
céder à des amours qui ne sont pas les nôtres,
goûter à des plats qui ne sont pas les nôtres,

prier des dieux, des dieux qui ne sont pas les nôtres,
entendre notre nom sans que ce soit le nôtre,
penser à ceci, à cela, à ce qui n’est pas nôtre,
tendre une monnaie qui n’est pas la nôtre,
et suivre des chemins qui ne sont pas les nôtres.

Miguel Angel Asturias

mardi 21 avril 2020

Météo



Aujourd'hui, malheureusement, quoi que ça dépend de qui de quoi, je me sens!
Je me sens la gorge usée par les cris des météorites qui ne veulent plus retourner au ciel
parce qu'il leur reste du temps, parce que tout comme moi, elles aiment ça faire du temps 
Tisser du temps avec l'haleine des étoiles... 
Mettons, moutons-y du berger!
Non, mais c'est tu vraiment important comment je me sens?
Ah les bergers, ces gardiens des rives du ciel et de la Terre interdites aux virus!
Je me sens fou hurlant avec l'empire du binaire, 
Avec la nouvelle papauté maçonnique
Les regards des satellites qui nous espionnent sans cesse
Et les mots dits mous thons noirs qui nous dénoncent
Disons que je sais mieux à qui j'ai affaire et je cultive mieux mes coings et mes points 
Aussi mes coins et mes poings
Mais moi avec ma douce
Je me confine
Et nous comptons encerclés d'enfants et d'animaux heureux les quenouilles
Qui éclaireront comme des torches les nuits d'août 
Dans le grand silence des festivités
Je me sang froid et chaud à la fois!.

Lug



mardi 14 avril 2020

L'île


L’île avec son petit chapeau
sur la pointe du î
hilare de ses soleils
éclatée de ses marées

Je chemine dans tes sentiers
sans jamais perdre de vue
le bleu de ta robe

Île  fleur d’un jardin d’eau
Île  coquillage aux saveurs de sel
Île  passage du ciel dans ton regard

souffle d’un baiser
échappé du littoral

Je chemine dans tes sentiers
sans jamais perdre de vue
le bleu de ta robe

L’île avec son petit château
sur la pointe du î
comblée de ses trésors

Exil de mes jours  de mes nuits
à tes pieds
échoués

Ton Évadé

Cygne blanc


dimanche 12 avril 2020

L'immensité comme un baume


Je ne sais pas où
Je ne sais pas quand
Mais à la première occasion
Je file voir la mer

Le béant
plutôt que le néant

L'immensité comme un baume
L'immensité en écho
à la p(l)age blanche du dedans

Sophie Dassy

#monapo #napomo
Avril : mois de la poésie

samedi 4 avril 2020

Tendresse


Tendre  tendre  est-ce
Cela qu’il me reste
Tendre ma main  ma joie
Vers toi

Est-ce cela qu’il me reste

Par delà l’intouchable
demeurent
le rêve l’élan les mots

tendre vers toi

Cygne blanc

mardi 31 mars 2020

La tendresse


On peut vivre sans richesse 
Presque sans le sou 
Des seigneurs et des princesses 

Y'en a plus beaucoup
Mais vivre sans tendresse
On ne le pourrait pas
Non, non, non, non
On ne le pourrait pas

On peut vivre sans la gloire
Qui ne prouve rien
Etre inconnu dans l'histoire
Et s'en trouver bien
Mais vivre sans tendresse
Il n'en est pas question
Non, non, non, non
Il n'en est pas question

Quelle douce faiblesse
Quel joli sentiment
Ce besoin de tendresse
Qui nous vient en naissant
Vraiment, vraiment, vraiment

Le travail est nécessaire
Mais s'il faut rester
Des semaines sans rien faire
Eh bien... on s'y fait
Mais vivre sans tendresse
Le temps vous paraît long
Long, long, long, long
Le temps vous parait long

Dans le feu de la jeunesse
Naissent les plaisirs
Et l'amour fait des prouesses
Pour nous éblouir
Oui mais sans la tendresse
L'amour ne serait rien
Non, non, non, non
L'amour ne serait rien

Quand la vie impitoyable
Vous tombe dessus
On n'est plus qu'un pauvre diable
Broyé et déçu
Alors sans la tendresse
D'un cœur qui nous soutient
Non, non, non, non
On n'irait pas plus loin

Un enfant vous embrasse
Parce qu'on le rend heureux
Tous nos chagrins s'effacent
On a les larmes aux yeux
Mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu...
Dans votre immense sagesse
Immense ferveur
Faites donc pleuvoir sans cesse
Au fond de nos cœurs
Des torrents de tendresse
Pour que règne l'amour
Règne l'amour
Jusqu'à la fin des jours

Bourvil


dimanche 29 mars 2020

Un instant


Un instant encore
je réclame cet INSTANT
aussi bref soit-il
pourvu qu'il se situe
entre l’essoufflé
que je suis
et le souffle
qui est

Cygne blanc

samedi 28 mars 2020

vendredi 27 mars 2020

Roue qui tourne


Chaque fois que la roue tourne, les valeurs et les émotions qui se trouvent sur le bord de la roue montent ou descendent. Les unes et les autres sont tantôt éclairées, tantôt dans l'ombre. Mais l'Amour véritable, fixé à l'essieu, ne bouge pas.

Haruki Murakami

dimanche 22 mars 2020

Transformer les poisons


Il y a trois poisons dans notre conscience.
Dans la tête, il y a le doute.
Dans le cœur, il y a la colère.
Dans le corps, il y a la peur.
Il ne faut retirer ni la peur, ni le doute, ni la colère, mais il faut les faire grandir, leur faire rendre l'âme, c'est-à-dire leur faire révéler ce qu'ils sont vraiment.
Le doute, c'est la sagesse cachée.
La colère, c'est la compassion cachée.
La peur, c'est la joie cachée.

Yvan Amar

jeudi 12 mars 2020

Allié du silence


Juste semer quelques graines, et les abandonner au temps. Surtout ne rien précipiter. Se contenter du moindre signe. Devenir allié du silence, amis des jours perdus.

Philippe Delerm

mercredi 11 mars 2020

Ouvrir grand l'espace


A vivre seul, au moins quelques années, on apprend à passer du besoin qui ligote au désir et au rêve qui ouvrent grand l'espace en soi et autour de soi.

Jacqueline Kelen

mercredi 4 mars 2020

Fragilité


Il n'y a rien de plus important en amour que d'accepter la fragilité de l'autre : c'est ce que j'appelle la douceur. Et rien de plus important dans la sagesse, que d'accepter sa propre fragilité, c'est ce qu'on appelle : l'humilité

André Comte Sponville

mardi 3 mars 2020

Prendre son essor


Soyez assis avec toute la majesté inaltérable et inébranlable de la montagne. Laissez votre esprit s'élever, prendre son essor et planer dans le ciel.

Sogyal Rinpoché

lundi 2 mars 2020

Mots d'amour


La grâce de Dieu, beaucoup le savent, ne passe pas toujours par les hommes ; un chat, une fleur, l'océan ou une montagne nous disent parfois d'étranges mots d'amour.

Jean-Yves Leloup

jeudi 27 février 2020

Amour décoiffant


Tu mérites un amour décoiffant, qui te pousse à te lever rapidement le matin, et qui éloigne tous ces démons qui ne te laissent pas dormir.

Tu mérites un amour qui te fasse te sentir en sécurité, capable de décrocher la lune lors qu’il marche à tes côtés, qui pense que tes bras sont parfaits pour sa peau.

 Tu mérites un amour qui veuille danser avec toi, qui trouve le paradis chaque fois qu’il regarde dans tes yeux, qui ne s’ennuie jamais de lire tes expressions.

Tu mérites un amour qui t’écoute quand tu chantes, qui te soutiens lorsque tu es ridicule, qui respecte ta liberté, qui t’accompagne dans ton vol, qui n’a pas peur de tomber.

Tu mérites un amour qui balayerait les mensonges et t’apporterait le rêve, le café et la poésie.

Frida Kahlo

vendredi 21 février 2020

Terre non brûlée


Pour s'éprendre d'une femme, il faut qu'il y ait en elle un désert, une absence, quelque chose qui appelle la tourmente, la jouissance. Une zone de vie non entamée dans sa vie, une terre non brûlée, ignorée d'elle-même comme de vous. Perceptible pourtant, immédiatement perceptible. 

Christian Bobin

jeudi 20 février 2020

Ni le silence...


Ni le silence de la neige
ni le froissement du papier
ni le soleil de glace
ni le balbutiement de mes rêves
n'étoufferont cette présence brûlante
rodant jour et nuit
dans cette demeure
qui fût tienne

fenêtres ouvertes
portes battantes
envolée d'outardes
retour d'hirondelles

il n'y a pas d'échappée
il n'y a pas de départ
d'Au revoir ni d'abandon

seule ta présence
maîtresse des lieux
comme un grand feu
qui rend fiévreux

je t'entends marcher
dans mes nuits
le jour tu voles
d'une pièce à l'autre

lorsque je sors
tu m'enveloppes de ton aura

je n'ai plus besoin de penser
de prier ni de désirer

tu es là
tu me suis
je te suis

nous  sommes deux
ou peut-être une seule
et même âme

mon geste prolonge le tien
mon pas trace ta route
un seul regard nous anime

la même soif
la même faim
le même vertige
du dedans au dehors
du dehors au dedans

Épousailles

Cygne blanc

mercredi 19 février 2020

Aube souriante


Chaque hiver abrite en son cœur
un printemps qui frissonne
et derrière le voile de chaque nuit
se profile une aube souriante.

Khalil Gibran

mardi 18 février 2020

Ma voix


Bonjour ma voix
   au lever tu te fais 
   basse et murmure de rêve
tu chuchotes petiote
tu toussotes et suçotes
l'air ambiant
buée de jour naissant
de café tiède et lacté

midi crie son heure
gorgée d'existence 
en suspens
inapaisable faim
marée haute des notes
en galets 
sur la voie humaine
chaude jeune de sa mue

Vient l'après  
le silence  la tiédeur 
la coulée douce et chantante
du ruisseau 
de la fontaine
de l'oiseau au repos

puis l'horizon s'approche
avec l'Angélus
nous taire
ou parler de lui
d'elle
écho de sa transparence

au seuil du soir
pouvoir encore t'aimer
avec les mots rares
fragiles esquifs
au fil d'une langue
au rythme des corps

aux confins du mystère

songe au silence
des anges
  
Cygne blanc

lundi 17 février 2020

Parole qui ouvre le ciel


La poésie est révolutionnaire. C’est que les puissances mortifères qui se développent à certains moments, dans l’Histoire, ne supportent pas la moindre herbe de vie, la moindre brise. Il faut qu’il n’y ait plus aucun courant d’air dans les rues de la ville ; il faut que le ciel soit fermé. Et il n’y a rien qui rouvre tout, à la fois les fenêtres et à la fois le ciel, comme la poésie ou comme une parole d’enfant ; il n’y a rien d’aussi puissant. La parole poétique est par essence subversive, elle n’est pas gentille, elle n’est pas mièvre, elle n’est pas sentimentale. Elle est insurrectionnelle, c’est une force de vie, pas de mort. 

Christian Bobin

vendredi 7 février 2020

D'un rêve à l'autre


Il y en a qui disent qu’ils ne veulent pas gaspiller leur vie à rêver. Comme si la vie n’était pas un rêve, ce rêve dont justement ils refusent de s’éveiller ! Nous passons d’un état du rêve à un autre : du rêve que nous dormons au rêve que nous nous éveillons, du rêve de la vie au rêve de la mort. Celui qui a fait un beau rêve ne se plaint jamais d’avoir perdu son temps. Au contraire, il est heureux d’avoir participé à une réalité qui permet d’élever et d’embellir la réalité quotidienne.

Henry Miller

jeudi 6 février 2020

Scarabée d'or


Je feins l'adulte mais, secrètement,
je guette toujours le scarabée d'or
et j'attends qu'un oiseau
se pose sur mon épaule
pour me parler d'une voix humaine
et me révéler enfin
le pourquoi du comment.

Romain Gary, La promesse de l'aube